«J'ai toujours refusé aux promoteurs le droit de construire sur des zones dangereuses»

TEMOIGNAGE Le maire de la Tranche-sur-Mer, une des trois communes de Vendée les plus touchées par la tempête Xynthia, détaille les dommages subis...

Maud Noyon

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Localisation de la Tranche-sur-Mer, en Vendée.
Localisation de la Tranche-sur-Mer, en Vendée. — Google Maps

Une station balnéaire qui n’est pas prête d’accueillir ses vacanciers. La Tranche-sur-Mer, dont les 13km de côte attirent chaque été des dizaines de milliers de personnes, a été ravagée par la tempête Xynthia. Le ponton d’embarquement, inauguré en 2008, «a été complètement arraché», les « 56 entrées de plage de la commune sont à refaire», le plan d’eau et les installations nautiques submergées. Mais la petite ville de 2.000 habitants a subi moins de dommages que les communes voisines de la Faute-sur-Mer et l’Aiguillon-sur-Mer.

 

«La dune a reculé de cinq à sept mètres, a expliqué à 20minutes.fr Serge Kubryk le maire de la Tranche-sur-Mer. Conséquence, les maisons construites à 20 ou 30 m de la mer se retrouvent pour certaines sur le bord de la digue. Elles ont leurs fondations à nu et manquent de tomber». Mais, ces maisons sont dans la plupart des cas des résidences secondaires et donc vides à cette époque de l’année. 

 

«Ce n’est pas une zone habituellement à risque»

 

«Les maisons, qui datent des années 50-60, ont peut-être été construites un peu près de la côte. Mais ce n’est pas une zone habituellement à risque, les maisons sont normalement protégées. Là, les vents et les courants ont été différents de d’habitude». Une conjonction de phénomène exceptionnelle qui n’a pourtant pas entraîné de noyade comme à la Faute-sur-Mer et l’Aiguillon-sur-Mer.

   

«A la Tranche, j’ai toujours refusé aux promoteurs le droit de construire sur des zones dangereuses», assure le maire. «On a toujours lutté contre l’érosion de la dune, on n’allait pas les laisser construire».

 

«Il faut que l’Etat et les collectivités locales soient plus vigilants»

 

«Il faut que l’Etat et les collectivités locales soient plus vigilants. Il y a une époque où la législation était plus souple et sous la pression des promoteurs, les communes laissaient construire dans des zones à risque», explique Serge Kubryk, qui se félicite de l’appel à plus de «sécurité» lancé lundi par Nicolas Sarkozy, en déplacement en Vendée et en Charente-Maritime.

 

Et s’il assure avoir été très prudent, il défend ses collègues des communes voisines, la Faute-sur-Mer et l’Aiguillon-sur-Mer, indirectement attaqués pour leur gestion des constructions en bord de mer. «On critique toujours après coup. Mais je suis sûr qu’ils ont fait le maximum. Et je les ai vu ce matin, ils sont accablés par ce qui s’est passé.»

 

Contacté par 20minutes.fr, un élu de l’Aiguillon-sur-Mer a refusé de «se mêler» à cette polémique, insistant sur un «phénomène exceptionnel». La mairie de la Faute-sur-Mer est restée injoignable toute la journée de lundi.