Xynthia: la DDE avait mis en garde la Faute-sur-mer, les élus se défendent de ne pas avoir «construit à outrance»

INTEMPERIES La Faute-sur-mer et l'Aiguillon-sur-mer ont enregistré 26 décès…

Avec agence

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S.MAHE / REUTERS

Une commune exposée aux risques. Une étude menée récemment par la DDE de Vendée considère la commune de la Faute-sur-Mer, durement frappée par la tempête Xynthia, comme une zone sensible construite «sur de vastes espaces gagnés sur la mer, ne tenant pas compte de la mémoire du risque», alors qu'une polémique est née lundi sur les régles de construction de maisons en bord de mer.

 La Faute-sur-Mer est en partie située sur une presqu'île bordée par la mer d'un côté et l'estuaire du Lay de l'autre. Selon l'étude présentée en octobre 2008 aux journées du Génie côtier à Nice par Stéphane Raison (Direction départementale de l'Equipement de la Vendée), «la conjonction de deux phénomènes, de crue dans l'estuaire du Lay et de submersion marine pourrait avoir un impact très important sur les zones densifiées à l'arrière d'un réseau de digues vieillissant».

Plus de 3.000 maisons construites derrière les digues

Le réseau de digues avait été construit après les grandes tempêtes de 1926 et 1929, le long de l’estuaire du Lay, pour protéger la presqu'île. «Plus de 3.000 maisons sont construites derrière ces digues en terre (..) 40.000 personnes fréquentent quotidiennement la commune en été. La rupture des digues sur ce secteur engendrerait des dégâts majeurs aux biens et aux personnes», prévenait la DDE.

Les digues ne seraient toutefois pas directement en cause dans la catastrophe du week-end, selon certains témoignages recueillis sur place. «Il n'y a aucun souci avec les digues» et «les digues ont résisté», a affirmé à l'AFP Patrick Maslin, adjoint au maire de la Faute-sur-Mer. Pour l'élu, l'eau est venue de la mer «par la pointe d'Arçay» et ses dunes, a-t-il poursuivi. «Jusqu'à maintenant l'eau n'était jamais venue par là». Françoise Babin, autre adjointe, avance de son côté que les inondations mortelles s'expliquent avant tout par une «énorme vague qui est passée au dessus de la digue». 

«On a construit un peu, pas à outrance»

Les deux élus se sont défendus contre le soupçon d'une urbanisation à outrance dans ces zones très basses par rapport au niveau de la mer. «Les constructions sur la commune sont toujours maîtrisées et réalisées dans les règles de l'art. On a construit un peu, pas à outrance», a déclaré Françoise Babin.

Depuis juin 2007, un plan de prévention des risques d'inondations (PPRI) a institué une zone de 50 mètres non constructible à partir de la digue, a-t-elle précisé. Cette zone comprend toutefois des habitations construites antérieurement à 2007, dont certaines en dessous de 2 mètres du niveau de la mer, selon Françoise Babin.

«Il faut construire autrement sur la côte partout en France»

Lundi matin, le président du Conseil général de Vendée Philippe de Villiers a affirmé que l'étendue du sinistre était en partie due à un manque de normes et à la construction des maisons. «Il faut construire autrement sur la côte partout en France. Je pense que l'Etat impose des normes qui sont respectées par les maires le plus souvent, mais qui ne sont pas assez sévères», a-t-il affirmé sur France Info.

En visite dans les zones sinistrées, Nicolas Sarkozy a assuré lundi que «la sécurité est prioritaire» même si «ce n'est pas le moment de commencer les polémiques». Le président a également demandé un «plan digues» à Jean-Louis Borloo, alors de nombreuses digues ont cédé ce week-end.