Une journée de boulot sans étrangers

Charlotte Mannevy

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Un jour sans consommer et, si possible, sans travailler. Le collectif « 24 heures sans nous » invite « les immigrés, les Français issus de l'immigration et tous les citoyens conscients de l'apport des étrangers à la France à ne pas participer à la vie du pays » aujourd'hui et à se rassembler devant les mairies entre midi et 14 h.

24 heures sans nous, qui revendique 30 comités locaux et des dizaines de milliers de soutiens sur Internet, entend ainsi démontrer l'apport positif de l'immigration et son impact sur l'économie. « Immigré, c'est devenu un adjectif péjoratif qui n'a sa place que dans la rubrique des faits divers, explique Nadir ­Dendoune, l'un des porte-parole du mouvement. Mais il suffit de prendre les transports en commun aux premières heures du jour pour voir le vrai visage de la France qui se lève tôt ! » L'idée est née début septembre, après ces propos de Brice Hortefeux : « Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes. » Un dérapage de trop, pour les fondateurs du collectif, symptomatique d'un climat de défiance : « On a beau être seulement "issus" de l'immigration, on n'est pas perçus comme Français », soupire Nadir Dendoune. W