Jean-Pierre Treiber inhumé dans son village alsacien

OSEQUES Le seul accusé du meurtre de géraldine Giraud et Khatia Lherbier s'était suicidé en prison...

Avec agence

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Jean-Pierre Treiber n'était pas classé à Fleury-Mérogis comme un détenu « à risques ».
Jean-Pierre Treiber n'était pas classé à Fleury-Mérogis comme un détenu « à risques ». — DR

Jean-Pierre Treiber, qui s'est suicidé le 20 février en prison, a été inhumé samedi dans son village familial à Soppe-le-Bas (Haut-Rhin), a constaté un journaliste de l'AFP. Il était accusé du double meurtre de Géraldine Giraud et Katia Lherbier en 2004

Quelque 150 à 200 personnes avaient pris place dans la petite église du village pour les obsèques de l'ancien évadé. Une photo du défunt avait été disposée à côté du cercueil. Au premier rang se trouvaient sa famille proche: ses parents, son frère, sa soeur, sa fille de 20 ans et sa compagne. Son ex-femme avait de son côté pris place au fond de l'église, baignée de lumière en cette matinée ensoleillée.

«Fin de vie ténébreuse»

«Tu as tenu le coup longtemps, je n'ai jamais compris comment. Tu as cru à la justice des hommes. Tu t'es accroché à cette idée mais ce samedi 20 février, ton courage t'a abandonné», a déclaré lors de la cérémonie Paulette, la soeur du défunt.

De son côté le prêtre Gérard Ballast a évoqué la «fin de vie ténébreuse» de Jean-Pierre Treiber. «Nous ne pouvons pas pénétrer dans la conscience d'un être humain profondément perturbé, blessé, jugé avant même le jugement du tribunal», a-t-il affirmé.

Le prêtre a ensuite rappelé les paroles du Christ: «Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés.» Ces paroles «ne sont pas une invitation pour ne pas paraître devant le tribunal des hommes», mais plutôt «une exhortation à ne pas prononcer des jugements hâtifs, pleins de haine à l'égard des autres, et surtout à ne pas les condamner», a-t-il précisé dans son homélie.

«Ce que peut éprouver le coeur d'une maman»

«Nous ne pouvons et ne voulons pas nous substituer à la justice humaine, mais nous pouvons et devons porter dans notre prière toutes celles et tous ceux qui ont été affectés tragiquement par ces événements», a ajouté le prélat.

Et, à l'adresse des parents de Jean-Pierre Treiber, «vous étiez profondément marqués par l'incarcération de votre fils, depuis plus de cinq ans. (...) Dieu sait ce que peut éprouver le coeur d'une maman, d'un papa, lorsque leur fils fait la une des médias dans les circonstances que nous connaissons».

A l'issue de la cérémonie, Jean-Pierre Treiber a été porté en terre dans le petit cimetière jouxtant l'église de Soppe-le-Bas, un village de 750 habitants situé entre Belfort et Mulhouse, où sa famille est installée de longue date, mais où lui-même n'avait plus fait que de rares apparitions ces dernières années. Ses proches ont disposé sur son cercueil des poignées de terre, ramassées dans les forêts où le défunt aimait à se promener.