Dominique de Villepin: après les régionales, «il faudra rebattre les cartes»

POLITIQUE L'ancien Premier ministre appelle au rassemblement et au changement...

Avec agence

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Dominique de Villepin à Lanhouarneau en Bretagne, le 15 février 2010.
Dominique de Villepin à Lanhouarneau en Bretagne, le 15 février 2010. — F.LEPAGE/SIPA

«L'exigence de rassemblement suppose des gestes forts, de laisser de côté les querelles personnelles et d'être capable de privilégier l'intérêt général sur l'ensemble des sujets», estime Dominique de Villepin, dans un entretien au Parisien dimanche.

L’ancien Premier ministre, qui sera «fidèle à (son) engagement politique» en votant aux régionales, estime qu'après ce scrutin, il faudra «rebattre les cartes pour repartir avec de meilleurs atouts» et tourner la page de ces «derniers mois» où «une polémique a succédé à une autre polémique, un mauvais débat a succédé à un faux débat».

Arrêter «la politique de réformes tous azimuts»

Pour que les deux années d'ici la présidentielle de 2012 «ne soient pas gâchées», il faut, selon lui, arrêter «la politique de réformes tous azimuts» et «l'éparpillement qui conduit souvent à des demi-réformes» mais «réaffirmer très fortement l'exigence de justice sociale» et se concentrer sur «trois grandes» priorités: emploi, compétitivité et lutte contre l'endettement.

Dominique de Villepin invite aussi son grand rival Nicolas Sarkozy à revenir «aux fondamentaux» que sont «le sens de la République, de l'Etat, de la nation» en recherchant «un bon équilibre institutionnel». «Dans la crise, il ne suffit pas d'avoir un président actif», martèle-t-il.

L’argent ne fait pas le président

Interrogé sur le fait de savoir s'il aura, le cas échéant, les moyens logistiques et financiers suffisants pour mener une campagne présidentielle, il répond : «l'Histoire prouve que lorsqu'on a quelque chose à dire, on se fait entendre». «C'est sans doute rassurant pour certains d'imaginer qu'il faut beaucoup, beaucoup d'argent et un très grand parti pour faire de la politique en France. Je n'en suis moi-même pas du tout convaincu», ajoute Dominique de Villepin.