Les appelés du contingent ont joué les cobayes lors des essais nucléaires en Algérie

M. L.

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Lucien Parfait, un ancien militaire français incorporé dans
le Sahara de 1960 à 1962, pose, le 26 février 2009 à son arrivée au Palais de Justice de Paris.
Lucien Parfait, un ancien militaire français incorporé dans le Sahara de 1960 à 1962, pose, le 26 février 2009 à son arrivée au Palais de Justice de Paris. — AFP PHOTO OLIVIER LABAN-MATTEI

Une partie du secret est levé. Un rapport ressorti par le Parisien - Aujourd’hui en France lève le voile sur la campagne française d’essais nucléaires dans le Sahara algérien entre 1960 et 1966.

L’existence de manquements aux règles élémentaires de sécurité durant ces opérations et les conséquences dramatiques sur la santé des militaires, malgré les témoignages des vétérans, a toujours été un secret très bien gardé.

Masque anti-poussière

Ce rapport, intitulé «la Genèse de l’organisation et les expérimentations au Sahara», a été rédigé selon le quotidien en 1998, l’année de l’abandon définitif des essais nucléaires. Il avait d'ailleurs été publié en partie à cette époque par l'hebdomadaire Le Nouvel Obs. Il montre que lors des premiers essais atomiques au début des années 1960, la priorité absolue pour les scientifiques et les militaires, était d’obtenir la bombe. Quelles que soient les conséquences humaines.

On apprend par exemple que l’armée a demandé à certains militaires de remplacer leur masque à gaz par un masque anti-poussière. Le rapport est sans appel, selon le Parisien: «les appelés du contingent servaient de cobayes».