Sommet social: les syndicats montrent les muscles contre la réforme des retraites

SOCIAL Les partenaires sociaux se retrouvent ce lundi à l'Elysée pour parler des retraites...

Avec agence

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Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, François Cherèque de la CFDT et Bernard Van Craeynest le 14 septembre 2009 à l'Elysée.
Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, François Cherèque de la CFDT et Bernard Van Craeynest le 14 septembre 2009 à l'Elysée. — G CERLES / AFP

Les partenaires sociaux se retrouvent dès 10h ce lundi autour du président Nicolas Sarkozy pour un sommet social très attendu avant lequel les syndicats ont fait monter la pression, mettant en garde contre toute «précipitation» dans la réforme des retraites. «La réunion ne portera pas sur le fond, mais sur le calendrier et la méthode seulement», souligne-t-on à l'Elysée.

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Les syndicats se saisiront de cette tribune pour aborder de front les questions de l'emploi, du pouvoir d'achat et, selon François Chérèque (CFDT), «le malaise grandissant» dans la fonction publique.

Plus de chômeurs

Le nombre d'inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans aucune activité), la plus fournie, a crû de quelque 450.000 en 2009 et doit continuer d'augmenter cette année, à un rythme ralenti (+87.000, selon Pôle emploi). Quant au pouvoir d'achat, il enregistre un coup de frein: la progression du salaire mensuel de base (SMB) a été limitée à 0,2% au dernier trimestre 2009.

Contre une «mascarade de concertation»

Mais c'est sur les retraites que se focalisera l'attention, tant la tension a monté après des «fuites» sur la volonté prêtée au chef de l'Etat de boucler la réforme par une loi au parlement dès juillet. Six organisations syndicales (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFDT, FSU, Unsa et Solidaires) ont averti qu'elles refuseraient une «mascarade de concertation». «Sur le calendrier, le président n'a pas de religion» et «il faudra laisser du temps à la négociation», indique-t-on à l'Elysée, en ajoutant: «tout le monde connaît par coeur les solutions».

Deux pistes privilégiées

Les déclarations gouvernementales privilégient deux pistes: le recul de l'âge légal de départ en retraite ou/et l'allongement de la durée d'activité. Or près de six Français sur dix se prononcent contre la première et plus d'un sur deux contre la seconde, selon un sondage Ifop paru dimanche. Laurence Parisot (Medef) a redit ce week-end qu'il fallait «changer l'âge légal de départ à la retraite».

Les syndicats intransigeants

Pour Bernard Thibault (CGT), si M. Sarkozy entretient le flou sur le calendrier des discussions, «c'est qu'on nous prépare un mauvais coup avec une procédure expresse». Alors il est probable que les syndicats sortent «avec une date de mobilisation commune» de la réunion qu'ils tiendront quelques heures après le sommet, a déclaré M. Thibault à l'AFP.

Jean-Claude Mailly (FO), a lui aussi montré ses muscles. «Jamais nous ne transigerons sur l'âge légal de départ en retraite et sur l'allongement de la durée de cotisation. Nous n'hésiterons pas à aller à l'affrontement sur ces deux questions», a-t-il affirmé.

Appel à l’union de la gauche

Du côté de la gauche, Martine Aubry (PS) a déclaré dimanche qu'«il faudrait déjà que l'Etat respecte sa parole», notamment pour les emplois pénibles. Olivier Besancenot (NPA) a lancé un appel à l'union des leaders de gauche pour défendre la retraite à 60 ans, proposant une réunion avec eux «dès cette semaine».