Laurence Parisot: «La réforme des retraites ne doit pas être un bricolage»

SOCIAL A la veille du sommet social convoqué par Nicolas Sarkozy la patronne du Medef livre ses pistes pour le système des retraites...

Avec agence

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Le patronat, par l'intermédiaire de la présidente du Medef Laurence Parisot, a solennellement demandé à M. Morin "de renoncer immédiatement" à ses indemnités.
Le patronat, par l'intermédiaire de la présidente du Medef Laurence Parisot, a solennellement demandé à M. Morin "de renoncer immédiatement" à ses indemnités. — Mehdi Fedouach AFP

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a demandé avant le sommet social lundi à l'Elysée que la réforme des retraites ne soit «pas un bricolage». Elle a également prôné une extension de «l'exonération des charges sociales» pour les chômeurs en fin de droit lors de leur embauche.

Dans une interview au Journal du Dimanche, Laurence Parisot plaide pour «qu'un espace de négociation large» soit «réservé sans conteste» aux partenaires sociaux.

Le sommet a pour ordre du jour «l'agenda social», c'est-à-dire les sujets sur lesquels le gouvernement entend inviter patronat et syndicats à engager des discussions en 2010, à commencer par les retraites.

«Maintien du régime par répartition»

Sur les retraites, «le problème est bien connu mais n'a jamais été pleinement traité» et «cette réforme ne doit pas être un bricolage» puisqu'«il s'agit de retrouver enfin confiance en l'avenir», souligne-t-elle.

Parmi les pistes, elle pense qu’«il faut changer l'âge légal de départ à la retraite». «Nous avons été les premiers à le dire et cette idée a irrigué le débat politique», note Laurence Parisot, estimant aussi que ce relèvement «entraînera une hausse du taux d'activité des seniors.» Elle répète être pour «le maintien du régime par répartition mais complété par un système de retraite par capitalisation».

Contre la hausse des cotisations retraite

Laurence Parisot se prononce contre l'idée suggérée par le Premier ministre François Fillon de relever les cotisations retraite et, en contrepartie, baisser les cotisations chômage. Augmenter les cotisations retraite «alourdirait à nouveau les charges des entreprises et réduirait le salaire net des salariés», juge-t-elle.

Elle rejoint par contre le gouvernement sur la pénibilité, en étant «d'accord pour tenir compte des situations les plus pénibles à condition de les évaluer sur des critères individuels et objectifs».

CHOMEURS EN FIN DE DROITS
Autre sujet qui devrait être abordé lundi, les chômeurs en fin de droit: «nous souhaitons d'abord réfléchir à des formations spécifiques pour préserver leur employabilité à long terme» et «nous demandons que soit simplifiée et étendue l'exonération des charges sociales pour toute embauche d'un chômeur en fin de droits», a affirmé la patronne du Medef.