Ces jeux dangereux qui menacent les enfants à la récré

PRATIQUE Le tour des pratiques à risques...

Julien Ménielle

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Une cour de recreation
Une cour de recreation — GILE MICHEL/SIPA

Les députés ont adopté à l'unanimité, jeudi, un amendement punissant l’incitation aux jeux dangereux, notamment sur Internet. L'objectif est d'empêcher l'accès des mineurs à des textes ou des vidéos sur le jeu du foulard, de la tomate ou autre petit pont massacreur. Petit tour d'horizon de ces menaces qui planent sur les cours de récré.

Les jeux de «non-oxygénation»
Le terme est barbare, à raison. Il désigne des jeux autour de la strangulation et l'asphyxie. Outre le célèbre jeu du foulard, ils s'appellent «rêve bleu», «rêve indien», ou encore «jeu du cosmos», «de la tomate» ou «de la grenouille».

Selon les cas, les enfants se compriment mutuellement le thorax ou les carotides. Ce qui, en diminuant l'afflux de sang vers le cerveau, occasionne des troubles de la conscience, voire des hallucinations. Ces pratiques entraînent des comportements de dépendance, et l'enfant cherche à reproduire l'asphyxie seul chez lui, allant jusqu'à la pendaison. Le risque est le coma, voire la mort.

Les enfants s'y livrent occasionnellement (attirés par la curiosité ou entraînés par l'effet de groupe), ou plus régulièrement. Certains -particulièrement avides de sensations- pratiquent ces jeux à domicile, parfois plusieurs fois par semaine. Les profils fragiles ou suicidaires sont plus rares, mais présentent un risque de décès plus élevé.

Les jeux d'«agression»
Ils se caractérisent par une violence physique gratuite, subie dans un cadre intentionnel ou contraint. Dans les jeux intentionnels, comme «le cercle infernal», «le jugement» ou «le petit pont massacreur», les enfants se placent en cercle et se jètent un objet (comme un ballon). Celui qui ne parvient pas à le maîtriser est roué de coups par les autres.

Dans les jeux contraints, une victime non consentante est désignée ou choisie en fonction de la couleur de ses vêtements, comme dans le «jeu des couleurs», avant d'être battue. Les participants au «jeu de Beyrouth» interroge d'autres enfants sur le nom de la capitale du Liban, et celui qui ne connaît pas la réponse est frappé au niveau des parties génitales.

Plus connu, le «happy slapping», au cours duquel la victime est frappée par surprise et filmée à l'aide d'un téléphone portable. La vidéo est ensuite diffusée par MMS ou sur Internet. Posant, en plus de l'agression, un problème d'atteinte à la dignité et à l'image.