«Il y a plein de gens qui entrent dans le lycée. On est plus souvent 2.000 élèves que 1.500»

REPORTAGE Les cours sont toujours suspendus au lycée Adolphe Chérioux de Vitry-sur-Seine, 6 jours après l'agression d'un élève dans le parc de l'établissement...

Bérénice Dubuc

— 

T.COEX / AFP

Un lycée tranquille. Ce lundi midi, devant l’établissement scolaire Adolphe Chérioux de Vitry-sur-Seine, quelques élèves seulement se pressent pour retourner en cours. Il s’agit de collégiens, dont les cours sont assurés normalement. Ils passent devant les quatre membres de l’équipe mobile de sécurité de l’académie de Créteil, reconnaissables à leurs blousons estampillés «EMS» en gras et en jaune dans le dos. Ils sont présents sur le site depuis mardi dernier pour en assurer la sécurité.
 
Quelques lycéens seulement sortent de l’établissement. Zakaria, élève en Terminale Finition (TFI), explique: «J’ai appelé ce matin, on m’a dit qu’il y avait cours. Je suis donc venu à 13h, mais le prof m’a dit qu’il n’y avait pas cours, alors je repars.»
 
«Entendus mais pas écoutés»

 
Les professeurs sont également sur place, mais n’assurent aucun cours. Après avoir été à nouveau reçus ce lundi matin par le directeur du cabinet du recteur et le DGRH du rectorat de Créteil, les enseignants ont de nouveau tenu une AG en début d’après-midi, a indiqué à 20minutes.fr Benoît Hurel, professeur de maths-sciences.
 
Ils estiment avoir été «entendus mais pas écoutés», et ont donc décidé de reconduire leur droit de retrait mardi. Le rectorat leur a proposé «des postes de médiateurs de réussite scolaire, qui n’ont que des contrats de 20h par semaine, et la mise en place de groupes de paroles», en plus des trois surveillants supplémentaires déjà accordés vendredi. «Nous voulons des assistants éducatifs supplémentaires. Les groupes de parole, c’est bien, mais ça doit venir après.»
 
«Des bagarres comme ça il y en a déjà eu dans le lycée, avant»
 
Les élèves soutiennent «bien entendu» le mouvement de leurs enseignants. «Ça nous arrange de ne pas avoir cours, mais il y a aussi un vrai problème: n’importe qui rentre. D’habitude ça ne nous dérange pas, mais là c’est allé trop loin», explique Sean, élève en seconde SES.

Zakaria approuve: «Il y a plein de gens qui entrent dans le lycée. Ça arrive tout le temps: les copains, les copines viennent nous attendre à la porte des classes. On est plus souvent 2.000 élèves que 1.500.» Franck, en seconde ISI (Initiation sciences ingénieur) rappelle que: «Des bagarres comme ça il y en a déjà eu dans le lycée, avant, mais Mme Cadart (la proviseure du lycée, ndr) ne le dit pas.»
 
Mais, quand on leur parle du doublement du nombre de surveillants, ils estiment que «22 pour 1.500 élèves, ça ne servira pas à grand chose». Et des badges pour filtrer l’entrée? «Ça c’est au collège. Nous on ne veut pas être fliqués.»