«Aujourd'hui les musulmans ont peur»

EXCLUSIF Azzedine Gaci, président du conseil régional du culte musulman Rhône-Alpes (CRCM) réagit aux tags racistes inscrits sur la mosquées de Saint-Etienne.

Propos recueillis par Elisa Frisullo

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Azzedine Gaci, président du Conseil régional du culte musulman en Rhône-Alpes.
Azzedine Gaci, président du Conseil régional du culte musulman en Rhône-Alpes. — G. FUENTES / REUTERS
La future mosquée de Saint-Etienne a été profanée dans la nuit de dimanche à lundi. Une plainte a-t-elle été déposée?
Le recteur de la mosquée de Saint-Etienne  doit déposer plainte aujourd’hui  contre X  après cet acte ignoble. En un mois et demi, c’est la quatrième fois qu’un lieu de culte est profané en France. À chaque fois, ce genre de faits suscite de l’émotion mais les actes racistes se multiplient et rien n’est fait. Aujourd’hui, il y a un véritable climat d’islamophobie en France.

Qu’attendez-vous des pouvoirs publics?
Nous avons demandé l’installation de caméras sur les grandes mosquées mais on ne nous a jamais répondu. À Saint-Etienne, s’il y avait eu des caméras, on n’en serait sans doute pas arrivé là. Et puis, plutôt que des débats sur la burqa -qui ne concerne que 500 femmes sur 600 000- ou sur l’identité nationale, nous réclamons la mise en place d’une mission parlementaire sur la montée en puissance de l’islamophobie. Et d’en tirer les conséquences. 

Ces récents débats ont-il pesé selon vous sur le climat actuel?
Ces derniers temps, on a eu l’affaire des minarets, le débat sur la burka, l’identité nationale. Pour trouver des solutions à la crise et répondre aux préoccupations des français, les responsables politiques ressortent les vieilles recettes qui marchent : l’immigration, l’insécurité, l’islam… On est toujours en train de taper sur les musulmans, de les montrer comme responsables d’une dénaturation de l’identité française. Ils se sentent montrés du doigt à chaque fois, ce qui est injuste car la majorité des musulmans sont respectueux des valeurs de la République. Les responsables politiques ne mesurent pas les répercussions graves que cela peut avoir.

C’est-à dire?
Lorsque Nicolas Sarkozy était ministre de l’intérieur, il disait cette phrase très juste : une identité humiliée, c’est une identité radicalisée. Mais les symboles ne suffisent plus. Il faut des actes forts. Aujourd’hui, les musulmans ont peur. Les femmes voilées se sentent en insécurité et jugées du regard.

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