Quand BHL cite un philosophe qui n'existe pas

LITTERATURE Dans un livre à paraître, l'auteur appuie sa critique de Kant sur les thèses de Jean-Baptiste Botul, un personnage fictif...

J. M.

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L'écrivain Bernard-Henri Lévy (BHL), cité mercredi comme témoin par les avocats de la famille de Chaïb Zehaf, dont le meurtrier présumé est jugé cette semaine par la cour d'assises du Rhône, a estimé que "ne pas poser la question" du mobile raciste serait "un déni de justice".
L'écrivain Bernard-Henri Lévy (BHL), cité mercredi comme témoin par les avocats de la famille de Chaïb Zehaf, dont le meurtrier présumé est jugé cette semaine par la cour d'assises du Rhône, a estimé que "ne pas poser la question" du mobile raciste serait "un déni de justice". — Pascal Pavani AFP

C'est ce qu'on appelle un BHFail. Dans son ouvrage à paraître le 10 février chez Grasset, intitulé De la guerre en philosophie, Bernard-Henri Lévy cite les travaux d'un de ses confrères qui n'existe pas, selon le site du Nouvel Observateur.

Dans son livre, BHL s'en prend à Emmanuel Kant, qu'il qualifie page 122 de «fou furieux de la pensée» et d'«enragé du concept». Diatribe étayée par les recherches du dénommé Jean-Baptiste Botul.

La vie sexuelle d'Emmanuel Kant

Seulement voilà: Jean-Baptiste Botul est un personnage notoirement fictif, créé par l'agrégé de philosophie et rédacteur du Canard enchaîné Frédéric Pagès.

L'homme, par ailleurs chroniqueur dans l'émission d'Anne Roumanof sur Europe 1, a d'ailleurs publié sous le pseudonyme de Jean-Baptiste Botul La vie sexuelle d'Emmanuel Kant en 1999 ainsi que Nietzsche ou le démon de midi, en 2004.

Contactés par 20minutes.fr, les éditions Grasset et Bernard-Henri Lévy n'ont pas encore réagi.