La RATP prévoit pour jeudi, journée d'action interprofessionnelle, un trafic quasi-normal pour les bus et le métro, et un service perturbé pour les parties des RER A et B dont elle a la charge.
La RATP prévoit pour jeudi, journée d'action interprofessionnelle, un trafic quasi-normal pour les bus et le métro, et un service perturbé pour les parties des RER A et B dont elle a la charge. — Patrick Kovarik AFP/Archives

TRANSPORT

Les transports en Ile-de-France nuisent à la santé des salariés

«L’incertitude» provoquée par les correspondances, les pannes, ou les retards génère du stress...

La perspective du «Métro-boulot-dodo» est peu réjouissante. Surtout depuis que l’étape métro, RER, bus ou train est devenue un vrai calvaire. C’est ce que ressent la majorité des Franciliens, révèle une étude du cabinet Technologia. En région parisienne, les trajets en transport en commun génèrent inconfort et incertitude, et ont un impact néfaste sur la santé physique et morale des salariés.

Selon les auteurs, le temps passé dans les transports fatigue les usagers, les rend moins énergiques et moins disponibles. Par ailleurs, «l’incertitude» provoquée par les correspondances, les pannes, ou les retards, assortie au contrôle de la ponctualité par les managers accroît la tension des salariés.

Risques psychosociaux

Multiplication des correspondances, longueur des voyages, inconfort lié à l’entassement des passagers... Le verdict est sans appel: tous ces facteurs provoquent «des risques psychosociaux», tels que le stress ou la dépression, alertent les auteurs.

Les retards provoquent également du stress une fois le trajet accompli, car ils se répercutent sur la gestion du temps de travail. Selon Technologia, les salariés mettent en place des «stratégies compensatoires», comme la réduction des pauses ou l’allongement de la journée de travail.

Justificatif imposé

En outre, le fait que certains salariés exposés à des conditions de transport particulièrement difficiles bénéficient d’horaires plus souples «peut menacer la paix sociale», explique le cabinet.

Chantal Capron, hôtesse d’accueil à Carrefour (Evry), témoigne sa détresse dans les colonnes du Parisien: «Si on est en retard, même en raison d’une grève, il faut impérativement apporter un justificatif, mais la SNCF ou la RATP n’en délivrent presque jamais. En décembre, lorsqu’il a neigé, une collègue n’a pas pu venir un jour puisqu’il n’y avait plus de bus. Carrefour lui a prélevé une journée de salaire!»

Mauvaise nouvelle

Malheureusement, les perspectives ne sont pas optimistes puisque, selon l’étude, la tendance est à l’allongement des déplacements domicile-travail et à l’accroissement des offres de transport plus lent.

>>> Et vous, avez-vous le sentiment que les transports en commun pèsent sur votre quotidien et sur votre activité professionnelle? Dites le nous dans les commentaires ci-dessous.

Méthodologie
Une psychologue du travail, un ergonome et un sociologue ont interrogé quelque 150 représentants de personnels (RP), directeurs et directrices de relations humaines (RH) pour ce travail illustré de témoignages.
Le cabinet Technologia est connu pour s’être penché sur le cas des salariés de Renault et de France Télécom après les cas de suicides dans ces deux entreprises.