Les porteurs d'emprunts russes veulent faire saisir une cathédrale pour se faire rembourser

FINANCE Le monument, situé à Nice, a récemment été attribué à la Russie...

O.R.

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La cathédrale Saint-Nicolas, à Nice.
La cathédrale Saint-Nicolas, à Nice. — NIVIERE/SIPA

Un nouvel espoir pour les porteurs d’emprunts russes? Depuis que la cathédrale orthodoxe Saint-Nicolas de Nice a vu sa propriété attribuée à la Russie par la justice française le 20 janvier dernier, l’Association fédérative internationale des porteurs d’emprunts russes (AFIPER), envisage de demander la saisie du bâtiment afin d’obtenir un remboursement.
 
C’est quoi les emprunts russes?

A la fin du 19e siècle, début du 20e, la Russie a émis des emprunts à l’étranger, qui devaient rapporter des intérêts aux porteurs. Sauf que la révolution de 1917 est passée par là et les emprunts ont été répudiés par la Russie. Concrètement, cela signifie que les porteurs ne reverront jamais leur argent.
 
Pourquoi l’AFIPER veut demander la saisie de la cathédrale?
Pour Eric Sanitas, président de l’association, contacté par 20minutes.fr, «c’est un problème de principe». «L’Etat russe estime que la dette remonte à l’époque du tsar, un autre régime, il y a 90 ans, donc qu’il ne doit pas payer. Et en même temps, aujourd’hui, la Russie vient réclamer les biens du tsar. Il y a une incohérence, un double langage».
 
En outre, pour l’association, «l’Etat russe a une grande pratique de l’art et la manière de ne pas payer les dettes, ils ont créé une insolvabilité». En effet, la Russie «se débrouille toujours pour attribuer les biens à une autre entité (par exemple une université, ndlr). Dans ce cas-là, puisque c’est l’Etat qui réclame la propriété de la cathédrale, il n’y aurait pas de problème pour la saisie».
 
A qui appartient la cathédrale?
C’est là que ça se complique... A la base, elle a été construite à la demande du dernier tsar de Russie, Nicolas II, au début du XXème siècle. Sauf que depuis, c’est une association cultuelle, gérant la cathédrale depuis des années, qui réclame la propriété du bâtiment. L’association a fait appel de la décision de justice. «On n’a rien contre cette association, notre débiteur, c’est l’Etat russe», précise Eric Sanitas, président de l’AFIPER. Si en appel la propriété est confiée à l’association cultuelle, l’AFIPER ne demandera donc pas la saisie.
 
Combien rapporterait la cathédrale?
«Difficile de faire une estimation», explique Eric Sanitas, contacté par 20minutes.fr. Quoiqu’il en soit, la cathédrale abriterait de nombreux objets de valeurs. «Ce qui est sûr, poursuit le président de l’AFIPER, c’est que sa valeur ne couvre pas les dettes dûes aux porteurs d’emprunts russes défendus par l’association, estimées à plusieurs milliards d’euros».