La condamnation de Rudolf Clövers ne sera pas révisée

JUSTICE Sa fille affirme qu'il ne l'a jamais violée...

Avec agence

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La commission de révision des condamnations pénales a rejeté ce lundi la demande l'annulation condamnation de Rudolf Clövers, un Allemand condamné en 1997 à Montpellier à douze ans de réclusion pour le viol de sa fille de huit ans, qui affirme aujourd'hui n'avoir jamais été violée.

Les rétractations de la jeune fille ne sont cependant pas récentes, a estimé la commission. En effet, selon les magistrats, elles étaient déjà intervenues lors de la procédure devant la cour d'assises, en 1997. Ses nouvelles déclarations ne sont donc «pas susceptibles de constituer un fait nouveau», indispensable à une éventuelle révision.

Dénoncé par une voisine de tente


L'affaire remonte à l'été 1996. Alors que Rudolf Clövers, sa femme, son fils handicapé de 11 ans et sa fille de 8 ans passent des vacances dans un camping à Sète, dans le sud de la France, une voisine de tente le dénonce aux policiers, affirmant qu'elle l'a vu «enfourcher sa fille, le caleçon baissé».

Un an plus tard, Rudolf Clövers est condamné pour des viols sur ses deux enfants à douze ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de l'Hérault et sa femme à deux ans ferme pour «non-assistance à personne en danger». La loi française ne permettant pas alors de faire appel, Rudolf Clövers exécute donc sa peine et passe sept ans dans les prisons françaises, avant de rentrer à Sarrebrück, en Allemagne.

Coup de théâtre en 2007


Mais, coup de théâtre, en 2007, sa fille devenue majeure demande à le revoir et assure qu'il n'a jamais rien fait. A l'époque des faits, «on lui a fait dire qu'il la violait une à deux fois par semaine, mais l'expertise gynécologique a montré qu'elle était vierge», a plaidé en janvier Maître Ralph Blindauer, l'avocat de Rudolf Clövers, dénonçant, à l'occasion d'une audience à huis clos, les «nombreuses incohérences» du dossier.

Selon lui, l'avocat général Laurent Davenas a demandé «des investigations complémentaires», afin de déterminer si la parole de la victime, qui est incontestablement «un élément nouveau» susceptible de justifier la révision du procès de Rudolf Clövers, était «crédible».

Les révisions de condamnations criminelles sont rares


La commission de révision des condamnations est ainsi en mesure soit de diligenter de nouvelles expertises, soit de rejeter la requête, ou soit de saisir directement la Cour de révision, seule habilitée à annuler une condamnation.

Cependant, les révisions de condamnations criminelles restent rares en France. Depuis 1945, seulement six dossiers criminels ont été au bout de la procédure de révision et se sont soldés par l'acquittement de personnes condamnées à tort.