Calais: Le hangar investi par une centaine de migrants a été évacué

IMMIGRATION La police avait encerclé les lieux...

J. M. avec agence

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L'association d'aide aux sans papiers No Border a loué un hangar pour y accueillir des migrants, en févreier 2010, à Calais.
L'association d'aide aux sans papiers No Border a loué un hangar pour y accueillir des migrants, en févreier 2010, à Calais. — BAZIZ CHIBANE/SIPA
Le hangar de Calais qui était occupé depuis samedi par des migrants a été entièrement évacué vers 16h30 par les forces de l'ordre, selon une militante altermondialiste. La police avait déjà empêché la majorité du groupe d'une centaine de personnes qui s'y était installé de retourner dans le bâtiment, ce dimanche en début d'après-midi. Une vingtaine de CRS avait barré la rue à ceux qui étaient partis à une distribution de repas, sans échange de coups.

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La nuit s'est passée «dans le calme» à l'intérieur du local, loué par une association d'aide aux sans-papiers. Les militants qui ont appelé les migrants à se rassembler ont estimé que «légalement, les autorités n'ont aucune raison d'intervenir». La police entourait pourtant toujours les lieux dans la matinée.

La maire (UMP) de Calais, Natacha Bouchart, s'est même rapidement dite prête à agir. «Dès demain, je vais regarder les conditions d'accueil de ce hangar et s'il faut signer un arrêté d'expulsion je le ferai dès demain matin», a-t-elle assuré.

Ni «nouvelle jungle» ni «nouveau Sangatte»

En fin de matinée, Eric Besson a affirmé qu'il ne laisserait pas se créer une «nouvelle jungle» ou un «nouveau Sangatte». Le ministre de l'Immigration a répté que «l’Etat ne laissera pas se reconstituer un lieu qui servirait de base arrière aux filières mafieuses de l’immigration clandestine à proximité du port de Calais». Dénonçant «l'occupation d’un local inadapté à tout hébergement», Eric Besson a indiqué que son ministère procédait à «l’analyse des actions à envisager pour mettre fin à une situation inacceptable».

«Les policiers veulent bien laisser sortir les migrants mais pas rentrer, donc ils les empêchent d'aller chercher de la nourriture», à 200 mètres du hangar, craignait déjà dans la matinée Rodolphe Nettier, président de l'association SOS soutien ô sans-papiers. Il craint désormais, si la situation perdure, que les migrants ne sortent et reviennent en force.
«Une réunion privée, qui se déroule dans un lieu privé»
 
Des renforts de policiers et environ 75 CRS ont été appelés dès samedi soir pour venir prêter main forte à la quinzaine d'agents qui étaient postés devant l'entrée du bâtiment dans l'après-midi et qui n'avaient pu empêcher les migrants d'entrer, aidés par les altermondialistes de l’association No Border.
 
«Le sous-préfet nous a demandé d'évacuer les lieux, nous promettant en échange qu'aucune interpellation de migrants ne serait faite. Mais les migrants, eux, ne veulent pas bouger», a indiqué à l'AFP, Rodolphe Nettier. Selon lui, «il s'agit d'une réunion privée, qui se déroule dans un lieu privé».
 
Pas de surprise
 
Le quartier autour du bâtiment a été bouclé dans la soirée. Le hangar de 600 mètres carrés a été loué il y a quelques semaines par cette association qui en a ensuite confié la gestion aux militants de No Border, qui n'ont jamais caché leur intention de s'en servir comme hébergement pour les migrants.
 
Cependant, ce hangar, destiné à la base au stockage de matériels, n'est pas aux normes pour recevoir du public, a fait valoir la préfecture du Pas-de-Calais. Un dispositif policier avait d'ailleurs été mis en place dès la location du hangar pour prévenir toute installation de migrants. En vain.

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