Mobilité des fonctionnaires: «Tous les tirs sont orientés vis-à-vis de la fonction publique»

REACTIONS Le projet de décret porté par Eric Woerth déclenche les passions...

J. M. avec agence

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Les leaders syndicaux, qui défileront en tête du cortège parisien, pensent faire mieux.
Les leaders syndicaux, qui défileront en tête du cortège parisien, pensent faire mieux. — Eric Feferberg AFP/Archives

C'était attendu, le décret sur la mobilité des fonctionnaires n'est pas du goût de tout le monde. Le projet, proposant leur mise en disponibilité en cas de refus de trois offres dans le cadre d'une restructuration, a suscité de nombreuses réactions dans la classe politique et chez les partenaires sociaux.

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François Goulard (UMP/libéral-villepiniste) évoque une «rupture du contrat de travail du fait de l'employeur. Que la fonction publique, dont le statut est en effet plus protecteur, devienne plus dur vis-à-vis de ses agents que le secteur privé, cela paraît impensable». Selon lui, «on a besoin d'intelligence dans la fonction publique et de sortir de ces règles terriblement rigides. Oui, il y a des changements à apporter, mais pas des changements de cette nature-là. Ce n'est pas par la sanction que l'on motive».
 
De son côté, Jean-Marie Le Guen (député PS de Paris, proche de DSK) déplore qu'«à travers ce décret, le gouvernement manie la provocation politique pour ranimer une partie de son électorat mécontent avant les régionales». Mais il prévient que «le coût à payer va être cher. On divise les Français et l'on rend plus fragile la négociation sociale à l'intérieur de la fonction publique».
 
Une «provocation» également dénoncée par François Chérèque. «Tous les tirs sont orientés vis-à-vis de la fonction publique», a affirmé le secrétaire général de la CFDT sur France Inter. François Chérèque a cité «le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux», «la révision générale des politiques publiques (...) qui désorganise le travail» tandis qu'«on attaque les retraites des fonctionnaires» et qu'«on dit qu'on va pouvoir licencier sans indemnité, sans autre procès» des agents publics.
 
Son confrère Jean-Claude Mailly évoque, lui, une «sérieuse attaque contre le statut» de la fonction publique. Le secrétaire général de FO a rappelé que «la garantie de l'emploi» des fonctionnaires vise à leur «permettre d'avoir une neutralité» à l'égard du pouvoir politique. Selon lui, «le gouvernement est en train de se dire: "on va accélérer les fermetures (de services publics) mais on va être coincé avec cette garantie de l'emploi, donc il faut qu'on trouve un système qui fasse qu'à un moment donné qu’on puisse dégager les fonctionnaires"», a-t-il expliqué, dénonçant «un objectif comptable».

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