« Les terres australes sont un formidable indicateur de la biodiversité »

— 

S. ORTOLA / 20 MINUTES

Vous êtes associé au Museum pour une exposition sur l'albatros d'Amsterdam. Pourquoi avoir choisi cette espèce ?

Parce qu'il en reste 30 couples, et qu'elle est menacée d'extinction. J'ai lancé un comité de pilotage pour sauver cette espèce endémique de l'île d'Amsterdam. Il n'est pas trop tard.

En quoi consiste votre mission ?

J'administre un territoire de 2,5 millions de km2, mais dénué d'habitants. Il comprend la terre Adélie, les îles australes (Crozet, Kergelen, Saint-Paul et Amsterdam) et les îles éparses du canal du Mozambique. C'est un espace unique au monde. Les terres australes ont été classées en 2006 en réserve naturelle nationale. C'est la plus grande de France, et de très loin. Ces terres sont interdites d'accès, sauf autorisation, et uniquement dédiées à la recherche.

Quelles sont les principales thématiques de recherche ?

Nos territoires sont un formidable indicateur de la biodiversité et des changements climatiques. On peut aussi y mesurer les conséquences des espèces invasives (rats, chats, insectes) apportées par l'homme.

Et que faites-vous pour lutter contre ces phénomènes ?

Nous avons lancé un plan d'action pour lutter contre ces espèces invasives, réhabiliter des endroits de nidification ou expérimenter des techniques de pêche. Nous avons aussi entamé une politique de réacheminement des déchets apportés depuis cinquante ans par l'homme.

Les touristes sont donc persona non grata sur ces territoires ?

Nous en autorisons quatre par an. Ils peuvent accompagner nos scientifiques. Mais il y a plusieurs années d'attente... W

Recueilli par Mickaël Bosredon

Exposition jusqu'au 29 mars, au Muséum national d'histoire naturelle à Paris (5e).