Difficultés d'accès à l'IVG: comment en est-on arrivé là?

SANTE 20minutes.fr fait le point sur les éléments qui ont mené à une offre insuffisante en matière d'avortement...

Julien Ménielle

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S.POUZET / 20 MINUTES / SIPA
Une mauvaise gestion de la contraception
Selon le rapport de l'Institut général des affaires sanitaires (Igas), 72% des IVG sont réalisées sur des femmes qui étaient sous contraception, ce qui reflète «une inadéquation des méthodes et pratiques contraceptives». Ce qui pose le problème du remboursement de certaines techniques dites «alternatives». Car «certaines femmes ne peuvent pas se permettre de payer pour certaines méthodes contraceptives qui seraient adaptées à leur cas», explique Carine Favier, présidente du mouvement du Planning familial, citant le cas des «patches ou des anneaux».

Une activité peu lucrative
Pour Carine Favier, contactée par 20minutes.fr, les IVG «ne sont pas une activité rentable, alors qu'on demande de plus en plus aux hôpitaux de l'être». Ce qui explique une désaffection des médecins pour cet acte. «Il faut savoir que la tarification ne couvre toujours pas le prix coûtant d'une IVG», indiquait récemment Danièle Gaudry, médecin au Mouvement pour le planning famillial.

Des centres qui ferment
En 2000, on dénombrait 729 établissements pratiquant les IVG, en 2007, il n'y en avait plus que 624. «Et malgré les annonces du ministère, leur nombre continue de diminuer», selon Carine Favier. Selon elle, l'offre de proximité diminue, les délais s'allongent, et «environ 5.000 femmes doivent aller avorter à l'étranger chaque année».

La loi pas appliquée
«Les hôpitaux qui ont une activité en maternité sont tenus de proposer des IVG. C'est loin d'être le cas.» De plus, selon Carine Favier, de nombreux centres refusent de s'occuper des mineures ou des IVG entre 12 et 14 semaines. «Tous se retrouvent donc dans les mêmes centres, et ça bouchonne», explique-t-elle.

La sexualité des jeunes mal appréhendée
Pour Carine Favier, «la première cause de grossesse non désirée chez les jeunes, c'est la non-reconnaissance de leur sexualité». Car pour aborder la question de la contraception, mais aussi de la protection contre les maladies sexuellement transmissibles, il faut d'abord oser parler de sexe.