Paris-Dauphine veut augmenter ses frais d'inscription

UNIVERSITE Certains masters pourraient coûter jusqu'à 4.000 euros...

Avec agence

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L'université Paris Dauphine, réputée pour former des cadres et managers, professionnalisante mais pratiquant la sélection des étudiants, fête jeudi ses 40 ans, a-t-elle annoncé dans un communiqué.
L'université Paris Dauphine, réputée pour former des cadres et managers, professionnalisante mais pratiquant la sélection des étudiants, fête jeudi ses 40 ans, a-t-elle annoncé dans un communiqué. — Jacques Demarthon AFP/Archives
L'Université Paris-Dauphine a décidé d'augmenter certains droits de scolarité. Cette décision, votée lundi 1er février en conseil d'administration, concerne 45 des 105 masters proposés. Dénoncée par l'organisation étudiante Unef qui y voit «une tentative de coup de force de Dauphine», le statut de «grand établissement» rend cette prise de position légale, en lui permettant notamment de choisir ses étudiants et de fixer librement les frais d'inscription sur ses diplômes dits d'établissement.

Ce sont les masters de Gestion et celui d'Economie internationale et développement qui sont concernés. L'université précise que les masters concernés vont précisément devenir des «diplômes de grand établissement».

Légalité en question

L'augmentation du montant des droits de scolarité est substantielle, puisqu'il s'échelonnera entre 1.500 et 4.000 euros par an, alors qu'il était fixé en master à 231 euros pour l'année 2009/2010. Ce montant sera toutefois modulé en fonction des revenus de la famille, et une exonération sera accordée pour les étudiants boursiers, handicapés et ceux ayant le statut de réfugié.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a annoncé mardi 2 février qu'elle allait juger de la «légalité» de la hausse des droits d'inscription de certains masters de Paris-Dauphine au regard d'un avis rendu par le Conseil d'Etat en 2008.

«Le coût de la qualité»

La juridiction administrative, saisie par Valérie Pécresse en 2008, s'était alors penchée sur le projet de Dauphine de hausse des frais d'inscription en licence, qui avait finalement été abandonné par l'établissement. Selon le Conseil d'Etat, il n'était «pas légal» de «transformer des diplômes nationaux en "diplômes d'établissement" pour le seul motif de faire des droits d'inscriptions», a rappelé la ministre.

Pour justifier sa décision, Dauphine explique cette fois qu'elle «entend porter la valeur et la notoriété de ses diplômes au meilleur niveau international» et que, pour cela, «elle doit diversifier ses ressources financières». Selon elle, «le coût de la qualité impose d'ajouter aux ressources publiques l'apport des entreprises, les dons des mécènes, et la contribution des étudiants».