Ces futurs magistrats qui vont devoir tenir la barre

JUSTICE Les futurs magistrats de l'Ecole nationale de la magistrature ont fait leur rentrée à Bordeaux, sur fond de réforme de la procédure pénale...

A Bordeaux, Marion Guillot

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«Une promo au coeur de la tourmente.» La formule est de Jean-François Thony, directeur de l'Ecole nationale de la magistrature (ENM) de Bordeaux. Les 127 auditeurs qui ont fait leur rentrée lundi - dont six sont issus des nouvelles classes préparatoires intégrées, accessibles sur critères sociaux -, s'apprêtent à essuyer un vent de réformes.

Cibles principales: la carte judiciaire et le Code de procédure pénale. La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, venue leur souhaiter la bienvenue, a réaffirmé sa volonté de mener à bien la réforme de la procédure pénale, rendue «illisible» selon elle «à cause de l'empilement des textes». Elle a également souligné la nécessité d'adapter la justice des mineurs ou la justice civile «aux réalités de la société». «Il n'est pas normal que les Français aient peur de leur justice», a-t-elle poursuivi, souhaitant «renforcer la protection des droits et des libertés à toutes les étapes de la procédure».

Un discours plutôt bien accueilli par la promotion 2010 des élèves magistrats, qui veulent faire confiance à la garde des Sceaux, malgré les restrictions budgétaires et les suppressions de postes (127 élèves cette année, contre 252 en 2007). Le procureur général de la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, également présent hier, a réagi avec son franc-parler habituel : «J'ai dit à MAM que j'attendais de voir sa réforme. Si les principes d'indépendance et d'autorité des juges ne sont pas respectés, je ne mâcherai pas mes mots.»