Mis aux enchères, le terrain du crash du Concorde ne trouve pas preneur

JUSTICE Dix ans après le crash, il ne reste plus qu'un champ...

William Molinié

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Un champ de 4.400 m2, vide, avec au milieu, une stèle de béton à la mémoire des 113 victimes. Dix ans après le crash du Concorde, c'est ce qui reste du terrible accident au lieu dit de La Patte d'Oie, à moins d'un kilomètre du centre-ville de Gonesse.

Longtemps resté inaccessible pour les besoins de l'enquête, le terrain maudit cherche désormais un acquéreur. Les fruits de sa vente doivent servir à rembourser les dettes du propriétaire du site et de la société de gérance de l'hôtel. Il a été mis aux enchères jeudi dernier au tribunal de grande instance de Pontoise. «La proximité de cette vente avec le procès n'était pas planifiée. C'est un pur hasard», assure Eric Azoulay, bâtonnier de l'ordre des avocats du Val-d'Oise.

Reste que personne ne s'est risqué à présenter une offre, malgré la mise à prix, déjà basse, de 100.000 euros. La ville de Gonesse souhaiterait qu'Air France rachète le terrain pour le lui rétrocéder au prix symbolique d'1 euro. «Nous voudrions en faire un vrai lieu de mémoire. Quelque chose de plus marquant que ce qui existe», suggère-t-on dans l'entourage du maire. De son côté, la compagnie se contente de rappeler qu' «un lieu de mémoire existe déjà», sans toutefois écarter l'idée d'un possible rachat. Une seconde vente devrait sans doute être organisée avant la fin de l'année. Avec une mise à prix encore inférieure.