Le cas Villepin embarrasse

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Un caillou dans la chaussure. A six semaines du premier tour des régionales, le cas Villepin n'en finit plus d'empoisonner la vie de l'UMP. Relaxé, jeudi, dans l'affaire Clearstream, renvoyé devant une cour d'appel, vendredi, après la décision du procureur, l'ex-Premier ministre s'est invité, samedi, dans les débats du conseil national de l'UMP.

« Quand il y a des divisions, notre électorat se pose des questions et ne va pas voter », a prévenu Xavier Bertrand, le secrétaire général du parti. Le problème de l'UMP, c'est que Villepin et Sarkozy n'en sont plus au stade des « divisions ». Le premier a nommément accusé le second d'avoir fait pression sur le parquet pour faire appel du jugement Clearstream. En réponse, le chef de l'Etat a envoyé, ce week-end, ses lieutenants en première ligne. Tour à tour, Carla Bruni, Brice Hortefeux, Michèle Alliot-Marie et Claude Guéant ont démenti l'existence de la moindre pression du Président. « Non et je le dis très clairement », a lâché MAM sur Europe 1.

Mais le mal semble déjà fait. L'horizon - fin 2010, début 2011 - d'un procès en appel renforce un peu plus le statut « d'alternative » que Villepin entend endosser. Et ses proches sont là pour le rappeler. Nicolas Sarkozy aurait intérêt à « tourner la page » et à « rendre sa place » à Villepin au sein de la majorité, pense, par exemple, le député François Barouin. Sinon ? L'alternative Villepin pourrait se transformer en candidat en 2012. Et Sarkozy sait bien que marcher pendant deux ans avec un caillou dans la chaussure, ça fait mal. W

V. V.