Clearstream: «Jean-Claude Marin n'a eu ni instruction ni incitation» pour faire appel

JUSTICE C'est l'avis de Michèle Alliot-Marie...

Avec agence

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Michèle Alliot-Marie, la ministre de la Justice, le 5 janvier à Paris.
Michèle Alliot-Marie, la ministre de la Justice, le 5 janvier à Paris. — B. TESSIER/ REUTERS

La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a assuré dimanche sur Europe 1 que le procureur de la République Jean-Claude Marin n'avait «eu ni instruction ni incitation» pour faire appel dans le procès Clearstream.

«Jean-Claude Marin n'a eu ni instruction ni incitation de quelque nature que ce soit pour prendre sa décision», a affirmé la garde des Sceaux. Jean-Claude Marin «l'a dit lui-même et c'est la vérité», a-t-elle ajouté. «Je n'ai pas l'habitude de me cacher derrière mon petit doigt. Si j'avais eu des instructions à donner», elles auraient été «écrites et motivées», a dit Michèle Alliot-Marie. Interrogée sur la question de savoir si elle avait reçu des consignes de Nicolas Sarkozy, elle a répondu: «Non et je le dis très clairement».

Elle n’a pas entendu parler d’une réunion à l’Elysee

Concernant une éventuelle réunion organisée jeudi à l'Elysée, au cours de laquelle, selon Dominique de Villepin, la décision de faire appel aurait été prise, Michèle Alliot-Marie a rappelé que «l'Elysée a déjà répondu. Moi, je n'ai entendu parler de rien». «J'ai été informée quelque temps avant que le procureur n'annonce sa décision. Ca devait être la veille au soir (jeudi), par les services de la Chancellerie», a-t-elle dit.

L'appel contre la relaxe de Dominique de Villepin interjeté par le parquet de Paris, et annoncé vendredi sur Europe 1, ayant suscité de nombreuses critiques, elle a ajouté: «Je n'accepte pas que l'on instrumentalise à des fins politiciennes ou pour des raisons de revendications syndicales la décision du procureur».

«Il faut respecter la justice»

Michèle Alliot-Marie a tenu à «apporter tout» son «soutien» à Jean-Claude Marin, «face aux attaques» dont il «est l'objet aujourd'hui». «Je ne saurais accepter cela, encore plus lorsque ça vient de politiques», a-t-elle poursuivi.

«Jean-claude Marin est un homme que tout le monde respecte, qui a montré dans sa longue carrière son indépendance», a affirmé la ministre. «Remettre en cause son indépendance, c'est attaquer l'ensemble de la magistrature», a-t-elle mis en garde. «Il est dangereux de faire porter la suspicion sur le procureur», a-t-elle insisté, précisant qu'elle ne saurait «l'accepter» car «il faut respecter la justice».

Le fonctionnement de la justice mal connu

«La conviction (de M. Marin) l'a amené à prendre des réquisitions, à porter des accusations qui n'ont pas été suivies» par le tribunal, a relevé Michèle Alliot-Marie. «Il est logique et dans la tradition qu'il réagisse en demandant à ce qu'elles soient réexaminées par un second tribunal», a-t-elle justifié. Selon elle, «l'attitude de Jean-Claude Marin est cohérente».

Cet épisode de l'affaire Clearstream illustre, selon elle, le fait que «le fonctionnement de la justice est très mal connu». «Je pense qu'il faut qu'il y ait davantage d'explications et de transparence», a expliqué la ministre, qui a annoncé qu'elle allait organiser «d'ici la fin de l'année des forums de rencontre entre les personnels de la justice et les citoyens».