Le point G existe, à vous de le trouver

SEXUALITE Un congrès médical consacrait ce jeudi un débat à ce sujet brûlant...

Maud Noyon

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Une étudiante en médecine pratique un examen gynécologique sur un mannequin.
Une étudiante en médecine pratique un examen gynécologique sur un mannequin. — Joshua Lot/REUTERS

Vous croyiez l’avoir perdu? Bonne nouvelle, le point G existe bien, il suffit de le chercher. Pour toutes celles qui se sentaient orphelines depuis la publication d’une étude démontrant qu’il n’y avait pas plus de «point» que de vie sur la lune, la nouvelle devrait causer bien du plaisir.
 
Car, depuis sa localisation dans les années 50 par le docteur Ernest Gräfenberg, la polémique sur l’existence ou pas de ce fameux «point» n’a jamais cessé. Et a même été sérieusement relancée par l’étude du King’s College de Londres qui concluait sur la subjectivité de la chose. Une aubaine pour les sceptiques de tout poil qui criaient à la mort de cette particularité physiologique féminine, dont l’existence avait été défendue à corps et à cri par les féministes sans être jamais formellement étayée par une quelconque preuve formelle.
 
«Si on écoute les femmes, on se rend bien compte qu’il y a quelque chose»

Mais, des gynécologues français, qui se sont penchés sur le travail des Britanniques, ne sont pas d’accord. «L’étude du King’s College n’a pas été faite avec une bonne méthodologie. Et à partir de ses conclusions, on a dit que le point G n’existait pas», a expliqué Pierre Foldès, qui intervenait devant une assemblée de gynécologues, sexologues, neurologues mais aussi d’oncologues, réunis à l’occasion d’un congrès médical à Paris. «Alors que si on écoute les femmes, on se rend bien compte qu’il y a quelque chose.»

«On a utilisé une démarche expérimentale, et même si cela reste une hypothèse, l’existence du point G semble de plus en plus évidente», poursuit Pierre Foldès. Et là, rien de très novateur. En substance, la zone vers laquelle aiguiller vos recherches, la «zone la plus sensible pour la majorité des femmes, se trouve à 2 cm de l’entrée du vagin, sur sa paroi antérieure».
 
Souvent femme varie, son corps aussi

Eh oui, on parle désormais de zone car, selon les spécialistes, il ne sert à rien de définir un «point» précis. Car si souvent femme varie, son corps aussi. «Une grande partie du retard sur le point G vient du fait qu’on a voulu définir à tout prix sa position, alors que chaque femme est différente», convient un des intervenants au débat.
 
«Moi, raconte un gynécologue, j’explique sa position à mes patientes et après je leur dit de le trouver». Bref, c’est à vous de mettre la main, ou ce qu’il vous plaira, dessus. Sans se braquer, en acceptant que sa sexualité et donc ses sensations puissent évoluer dans le temps, comme le rappelait Odile Buisson, qui co-présentait les recherches avec Pierre Foldès. Et que le point G, ou en tout cas la zone en question, n’est pas forcément à l’origine de l’orgasme, dont le déclenchement relève plus de l’interaction de divers facteurs (sensoriels, émotionnels et finalement cérébrale). Mais alors, docteurs, pourquoi continuer à le chercher, ce point G?
 
«Je croyais pourtant que le point G se trouvait à la fin du mot “shopping”»

Parce qu’il se situe dans «la zone de convergence de tous les éléments du clitoris», détaille Pierre Foldès, bref un organe essentiel dans le plaisir au féminin mais dont la connaissance est finalement très récente et très vague. D’ailleurs, dans l’assistance, on s’énerve de cette méconnaissance, de cette espèce de dédain pour le plaisir féminin. «Je croyais pourtant que le point G se trouvait à la fin du mot “shopping”», plaisante même un des médecins du public.
 
En tout cas, tout ce bruit autour du point G n’aura pas servi à rien, conviennent les participants. «Cette question a permis de faire exister le vagin. On a eu les “monologues du vagin”, on peut espérer maintenant pouvoir en parler, sans tabou», conclut une sexologue dans la salle.