De plus en plus de Français victimes de discrimination au travail

ETUDE La direction et les supérieurs hiérarchiques sont essentiellement désignés par les salariés…

Avec agence

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Photo d'illustration de travail de bureau.
Photo d'illustration de travail de bureau. — S. POUZET / 20 MINUTES
Un tiers des salariés du privé et un quart de ceux du public disent avoir subi une discrimination ou à en avoir été le témoin selon les chiffres, en hausse, du 3ème baromètre de l'égalité publié jeudi par la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) et le bureau français de l'Organisation internationale du travail (OIT).

36% (+8%) disent avoir vécu une discrimination dans le secteur privé, et 26% (+4%) dans les fonctions publiques, ont indiqué jeudi à la presse le président de la Halde, Louis Schweitzer, et le directeur de l'OIT en France, Jean-François Trogrlic. Une hausse de 4 points, à 42%, est enregistrée dans le secteur privé pour les témoins de discrimination, un chiffre stable (37%) parmi les salariés du public.

Le supérieur hiérarchique et la direction visés

Pour 38% des salariés du privé et 28% de ceux du public, l'origine ethnique est le principal critère de discrimination. La grossesse et la maternité, nouvelles données introduites dans le questionnaire, sont citées par 31% des salariées, du privé comme du public, comme motifs d'une discrimination vécue.

Et ce sont le supérieur hiérarchique direct et la direction (42 % et 46% dans le privé, 49% et 40 % dans le public) qui sont essentiellement désignés comme les auteurs de ces discriminations. La recherche de solutions internes s'améliore, notamment dans le public où 50% des salariés (+6%) en parlent à la direction, contre 34% dans le privé (+1%).

Il y a ceux qui n'en parlent pas

Seuls 5% des agents publics et 9% des salariés du privé ont engagé une procédure contentieuse ou témoigné, alors que respectivement 7% et 11% ont démissionné ou demandé une mutation. L'autocensure progresse par rapport au baromètre 2009, 40% (+8%) ne disant rien dans le privé face à une discrimination et 31% dans le public (+4%)

Syndicats et représentants du personnel sont largement considérés comme efficaces pour intervenir dans ces situations, selon 80% des agents du public et 68% des salariés du privé.


Pour Louis Schweitzer, qui précise que la Halde a reçu 10.000 recours en 2009 «il est important de mettre en place des mécanismes d'alerte internes qui ne passent pas par la hiérarchie mais qui permettent aux salariés de signaler les cas de discrimination».

«Je crois que la discrimination ne progresse pas en France je pense qu'elle recule un peu, mais ce qui recule surtout c'est la tolérance aux discriminations. Il y a 5 ans, 10 ans, on considérait que beaucoup d'entre elles - hommes-femmes, seniors, liées à l'origine - étaient normales. Aujourd'hui elles ne sont plus tolérées, plus acceptées», a-t-il ajouté.


>> Et vous, qu'en pensez-vous? Avez-vous été victimes de discriminations au travail? Dites-le nous dans les commentaires.

Méthode

Sondage CSA réalisé par téléphone en novembre 2009 auprès de 1.007 personnes constituant un échantillon national représentatif de salariés du public et du privé, selon la méthode des quotas.