Une ONG vient en aide aux Sans-abri des gares

Charlotte Mannevy

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Ils se cachent parmi la foule. « Les SDF les plus difficiles à aider sont ceux qui vivent dans les gares, là où on peut vivre au milieu des autres, sans se faire remarquer. » Le constat dressé par Robert Rosenheek, chercheur à l'université de Yale (Etats-Unis) est celui qui a conduit l'Agence nouvelle des solidarités actives, une ONG, à lancer « Hope in stations » (Espoir dans les gares).

Un projet qui a convaincu la SNCF et les compagnies ferroviaires de plusieurs pays européens. Quatre d'entre eux (France, Allemagne, Italie et Belgique) vont servir de laboratoire pendant un an. « L'idée est qu'à la fin de l'année, on fasse le bilan de ce qui marche le mieux et le diffuser à l'échelle européenne », explique Morgan Poulizac, responsable de la communi- cation de l'association.

Car toutes les grandes gares de l'Union partagent aujourd'hui les mêmes difficultés : elles accueillent un public de marginaux, mais depuis quelques années aussi un nombre grandissant de migrants. Et chacun a sa méthode.

La SNCF, qui a choisi la gare du Nord à Paris pour mener à bien son expérimentation, a décidé de faire porter ses efforts sur la coordination entre les acteurs de terrain. Elle teste une main courante sociale pour permettre aux associations et aux employés d'échanger facilement des informations. Berlin mise, elle, sur les services : les sans-abri peuvent se créer, dans la gare, une adresse postale ou être mis en relation avec leurs proches. Une approche similaire est développée à Rome, où un guichet permet d'avoir accès à tous les services sociaux.

Reste les sujets qui fâchent : drogue, distribution de nourriture ou ouverture 24 heures / 24... « Il y a des tabous différents selon les pays, reconnaît Morgan Poulizac. Mais Hope a pour but de mesurer objectivement ce qui marche ou ne marche pas. Cela peut peser sur les choix des décideurs. » W