Une «sorte de psychologue» jugé pour le viol de plusieurs de ses patientes

JUSTICE Jean Brilleaud est accusé d'avoir manipulé des jeunes femmes dans son «centre de recherche en psychologie structurale»...

J. M. avec agence

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Attouchements, pénétrations digitales et «body body». Telles sont les techniques qui valent à «une sorte de psychologue» d'être jugé ce mercredi devant la cour d'assises de Paris. Jean Brilleaud, qui se présentait comme un «psychagogue», est accusé d'avoir violé plusieurs de ses jeunes patientes, dont une mineure.
 
«Je suis satisfait que ce procès existe, car M. Brilleaud aurait pu mourir», a déclaré en ouverture du procès l'avocat de trois soeurs parties civiles. C'est en effet un accusé âgé de 85 ans et affaibli qui comparaît, libre, devant ses juges. Diabétique, malentendant, il doit se faire répéter souvent les questions du président Luc-Michel Nivôse.
 
Caresses, photos et viols

Ancien formateur en entreprise originaire de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor), Jean Brilleaud a créé, au moment de sa retraite en 1985, un «centre de recherche en psychologie structurale». L'homme y recevait des adolescentes et des jeunes femmes dont il prétendait résoudre les difficultés psychologiques.
 
Mais le «psychagogue», selon l'accusation parvenait en réalité à manipuler ses patientes, jusqu'à obtenir d'elles ce qu'il voulait. Sous couvert de thérapie, il les faisait se déshabiller, leur imposait ses caresses, les photographiait nues et, pour certaines, les violait.
 
Découvrir leur «point G»

A l'époque, l'accusé avait obtenu d'une enfant de 13 ans qu'elle se déshabille et s'allonge dès les premières séances. A l'occasion de massages, il avait pratiqué des pénétrations vaginales et anales avec le doigt, selon le témoignage de la victime. Lorsqu'elle avait dénoncé les faits aux enquêteurs, 15 ans plus tard, elle leur avait raconté comment il lui caressait la poitrine et le sexe, lui faisait des cunnilingus ou se frottait à elle alors qu'ils étaient tous deux dénudés.
 
Au cours de l'instruction, l'accusé a reconnu avoir pratiqué des pénétrations sexuelles sur certaines patientes en vue de leur faire découvrir leur «point G». Jean Brilleaud a par ailleurs affirmé qu'elles étaient toutes majeures et consentantes. La justice doit se prononcer vendredi.