Comment Proglio est devenu un cactus pour Sarkozy

ANALYSE Le Président pourrait avoir à revoir la stratégie du cumul des fonctions...

Angeline Benoit

— 

 Henri Proglio
 Henri Proglio — CHAMUSSY/SIPA

Quand la nomination d’Henri Proglio à la tête d’EDF est passée comme une lettre à La Poste, à l’automne dernier, le président n’imaginait sans doute pas le risque politique qu’il prenait.

Sur le coup, les observateurs étaient peu nombreux à s’étonner, dans les médias, qu’un capitaine du CAC 40 prenne le contrôle de l’entreprise publique sans abandonner sa casquette de patron du groupe privé Veolia.

«Synergies» promises

Une situation inédite malgré les collusions d’intérêts courantes dans le milieu. Tandis que certains doutaient des «synergies» officiellement promises, d’autres rappelaient le tentaculaire réseau politique et syndical développé par Proglio en près de quarante ans chez le fournisseur de services aux collectivités locales (eau, déchets, transports etc).

« L’Elysée voulait quelqu’un qui fasse partie de la famille, qu’il puisse contrôler. Et Proglio, qui ne voulait pas renoncer à sa retraite chapeau chez Veolia, a négocié les conditions financières », analyse Thierry Aimar, professeur d’économie à Sciences Po et auteur de Golden Boss*.

L'arrivée des élections régionales en toile de fond

Sauf qu’en allant jusqu’au bout de ses prétentions salariales et en obtenant une rémunération de deux millions d’euros par an, le patron d’EDF-Veolia a fini par ulcérer l’opinion publique la semaine dernière, déchaînant dans la foulée l’ensemble de la sphère politique.

« Avec l’arrivée des élections régionales, l’affaire devient trop délicate », estime Thierry Aimar. Après avoir raboté le salaire de Proglio, le président pourrait revoir la stratégie du cumul des fonctions. «Tout dépendra des réactions du public», conclut l’économiste.

* Editions D'organisation, 2006