les juges désavouent Besson

Charlotte Mannevy

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123 Kurdes avaient débarqué en Corse le 22 janvier 2010
123 Kurdes avaient débarqué en Corse le 22 janvier 2010 — E. CABANIS / AFP

Des juges à l'unisson, de Rennes à Nîmes, en passant par Marseille. Hier, 43 réfugiés sur les 123 débarqués vendredi en Corse ont été remis en liberté. A chaque fois, le juge de la liberté et de la détention a estimé que le placement en centre de rétention dont ils ont fait l'objet, moins de 24 heures après leur arrivée sur une plage proche de Bonifacio, était illégal. Le cas d'une quarantaine d'autres personnes était encore à l'étude tard hier soir, les autres devraient être auditionnés aujourd'hui.

Une jolie victoire pour les associations de défense des droits de l'homme, qui dénonçent le traitement dont ces « boat people » ont fait l'objet. « Ce sont des demandeurs d'asile. La loi dit qu'ils devraient être hébergés dans un centre d'accueil, disposer d'un visa temporaire le temps que leur dossier soit étudié. Au lieu de cela, ils sont placés en centre de rétention. C'est illégal », dénonce Damien Nantes, de la Cimade. Hébergés dans un premier temps dans un gymnase en Corse, les migrants, qui se disent kurdes de Syrie, ont rapidement été dispersés dans des centres de rétention sur le continent.

Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, oppose le manque de locaux disponibles et affirme que le placement en rétention était le seul moyen de fournir un accueil décent à ces migrants. Un argument mis en doute par les associations, le préfet de Corse ayant immédiatement délivré des arrêtés de reconduite à la frontière. Des arrêtés qui seraient incompatibles avec le droit d'asile. Sur ce point, c'est aux tribunaux administratifs de statuer. Conseillés par la Cimade, les migrants devraient déposer un recours dès aujourd'hui.