Prudents rapatriements d'enfants adoptés

Charlotte Mannevy

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Un orphelin haïtien à Roissy, vendredi.
Un orphelin haïtien à Roissy, vendredi. — M. MEDINA / AFP

Ils sont évacués au compte-gouttes, malgré la pression des familles. Vendredi soir, 33 petits Haïtiens sont arrivés à Paris et 7 autres les ont suivi hier. 76 devraient eux aussi quitter l'île dans les tout prochains jours. Près de deux semaines après le tremblement de terre qui a ravagé Port-au-Prince, les parents adoptifs estiment que l'Etat français n'en fait pas assez, alors que d'autres pays comme la Belgique, les Etats-Unis et le Canada ont assoupli les procédures pour accélérer le départ des orphelins.

Mais pour les autorités françaises, pas question de se précipiter : 900 familles ont déposé une demande de rapatriement et 424 enfants sont pour l'instant prioritaires, car leurs parents ont pu produire le jugement d'adoption. Leurs demandes devraient être examinées prochainement. Pour les autres, la France n'a pas encore tranché. Et il sera difficile pour de nombreux parents de produire des documents officiels - les administrations haïtiennes étant totalement désorganisées. Mais trois ans après l'affaire de l'Arche de Zoé, dans laquelle six Français avaient tenté d'exfiltrer vers la France 103 enfants soudanais et tchadiens, Paris semble craindre une nouvelle polémique : « sous le bon prétexte de sauver des enfants (...), il ne faut pas qu'on soit accusé d'enlèvement », a mis en garde la semaine dernière Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie française. W