Clandestins de Corse: vérifications sur un cargo ukrainien à Fos

ENQUETE Les 124 réfugiés seraient originaires de Syrie...

Avec agence

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Des employés d'ONG donnent à manger aux enfants d'un groupe de 124 clandestins débarqués sur une plage, le 22 janvier 2010 à Bonifacio.
Des employés d'ONG donnent à manger aux enfants d'un groupe de 124 clandestins débarqués sur une plage, le 22 janvier 2010 à Bonifacio. — S. AGOSTINI / AFP

L'enquête du parquet d'Ajaccio sur l'arrivée en Corse de 124 réfugiés clandestins se concentre sur un navire ukrainien, à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), selon le procureur de la République Thomas Pison.

«La gendarmerie maritime procède à des vérifications sur un cargo battant pavillon ukrainien», a-t-il déclaré à l'AFP. Des vérifications déjà effectuées depuis vendredi en Sardaigne sur un cargo russe «n'ont pas apporté d'élément probant» et l'enquête n'a encore «pas beaucoup évolué», a-t-il ajouté.

Le procureur a souligné la «réactivité très forte» des autorités judiciaires italiennes dans cette enquête de flagrance ouverte par le parquet d'Ajaccio pour «traite d'êtres humains et aide au séjour irrégulier en bande organisée».

Kurdes?

Les 124 clandestins ont été placés samedi dans plusieurs centres de rétention administratives (Cra) sur le continent. Leurs auditions effectuées vendredi à Bonifacio (Corse-du-Sud) dans le gymnase où ils avaient été hébergés après avoir été découverts le même jour près d'une plage sont achevées. «Ils peuvent toutefois, selon les besoins de l'enquête, être réentendus dans les Cra», a encore indiqué Thomas Pison.

Les clandestins se disent Kurdes de Syrie. Ils ont tous déclaré aux enquêteurs avoir été transportés en camions de Syrie en Tunisie d'où des passeurs, qui auraient encaissé 2.500 à 10.000 euros par personne, les auraient fait embarquer sur un cargo qui les aurait transportés jusqu'en Corse.

Bayrou veut un traitement «au cas par cas»

De son côté, le président du MoDem François Bayrou s'est prononcé dimanche pour un examen «au cas par cas» des cladestins. «Aucun Etat ne peut simplement prendre acte de la présence des migrants sur son sol», a-t-il fait valoir au micro du Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien/Aujourd'hui en France. «On n'accorde pas forcément l'asile, on traite les questions au cas par cas», a-t-il poursuivi, estimant qu'il fallait «regarder dans quel cas il y a urgence, dans quel cas il y a crise humanitaire».

De son côté, le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a estimé dimanche sur Radio J que le gouvernement devait se montrer «accueillant et généreux». «Il semble que ce soit des réfugiés politiques qui demandent le droit d'asile à la France et qui sont traités comme s'ils étaient des immigrés clandestins qu'il faudrait raccompagner à la frontière», a-t-il déclaré en citant les critiques de la Cimade et de la Ligue des droits de l'Homme. Et d’ajouter: «On peut penser que les risques pris par ces familles étaient justifiés par une situation de grande détresse (...) Il faut que leurs dossiers soient instruits, comme pour n'importe quel demandeur d'asile.»