Basse-Normandie: Le préfet exige le retrait d’un portrait de Pétain en mairie

POLEMIQUE C'est dans une commune de 600 habitants que ça se passe...

Avec agence

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"Un homme a su prendre les décisions qui conduiront à la victoire. Il restera comme le vainqueur de Verdun. Cet homme, c'est Philippe Pétain, hélas. En juin 40, le même homme, parvenu à l'hiver de sa vie, couvrira de sa gloire le choix funeste de l'armistice et le déshonneur de la collaboration", a lancé le chef de l'Etat, lors du 90e anniversaire de la bataille de Verdun.
"Un homme a su prendre les décisions qui conduiront à la victoire. Il restera comme le vainqueur de Verdun. Cet homme, c'est Philippe Pétain, hélas. En juin 40, le même homme, parvenu à l'hiver de sa vie, couvrira de sa gloire le choix funeste de l'armistice et le déshonneur de la collaboration", a lancé le chef de l'Etat, lors du 90e anniversaire de la bataille de Verdun. — AFP/Archives
La préfecture de Basse-Normandie a annoncé samedi que le préfet a demandé au maire de Gonneville-sur-Mer (Calvados) le «retrait immédiat» d'un portrait du maréchal Pétain accroché dans la salle des mariages de la mairie.
 
«Je vous demande fermement de procéder au retrait immédiat du portrait de Philippe Pétain de la galerie de portraits présente dans votre mairie», a écrit le préfet de région, Christian Leyrit, dans un courrier en date du 21 janvier adressé au maire de la commune, Bernard Hoyé (SE). «Ce portrait ne saurait (...) figurer aux côtés des portraits officiels affichés dans une mairie, lieu hautement symbolique de la République», souligne le préfet.
 
Commune de 600 âmes
 
Le préfet avait été saisi par la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) d'une demande visant à obtenir le retrait du portrait du maréchal Pétain de la mairie de Gonneville.
 
Interrogé début janvier par l'AFP, Bernard Hoyé avait indiqué qu'il refusait d'ôter le portrait litigieux, soulignant que celui-ci était présent depuis «des décennies», que lui-même n'était «pas historien» et n'avait pas «à prendre parti».
 
Bernard Hoyé, auquel le préfet avait suggéré sans succès depuis le début de l'affaire de décrocher le portrait en question, est maire depuis 2008 de cette commune de 600 habitants, dont la moitié de résidents secondaires.
 
Dans son courrier au maire de Gonneville, le préfet rappelle que «Philippe Pétain, fondateur et chef du régime de Vichy, n'a jamais été Président de la République».
 
Principe de neutralité
 
«Par ailleurs, poursuit-il, l'ordonnance du 9 août 1944 relative au rétablissement de la légalité républicaine a expressément constaté la nullité non seulement de tous les actes de l'autorité de fait se disant ‘gouvernement de l'Etat français’ dont fait partie l'acte d'autoproclamation du 11 juillet 1940, mais également de tous les actes postérieurs au 16 juin 1940 jusqu'au rétablissement du gouvernement provisoire de la République Française».
 
Rappelant que le régime de Vichy a «permis ou facilité la déportation à partir de la France de personnes victimes de persécutions antisémites», le préfet souligne aussi «le principe de neutralité des services publics».
 
«Ce portrait (...) ne saurait figurer aux côtés des portraits officiels affichés dans une mairie, lieu hautement symbolique de la République», argumente le représentant de l'Etat.
 
«Laver l’affront»
 
Dans une réaction à l'injonction faite au maire de Gonneville, la Licra «déplore que, quelques mois après les cérémonies marquant le 65ème anniversaire du débarquement allié, le préfet de Basse-Normandie ait été contraint de donner des leçons d'histoire et de droit au maire d'une commune normande».
 
«L'association demande instamment au maire de mettre définitivement fin à cette polémique intolérable en retirant ce portrait et de laver l'affront ainsi porté à la mémoire des victimes de persécutions antisémites de Pétain, des résistants et des combattants alliés», conclut le communiqué de la Licra.

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