Peillon dénonce «la servilité de certains dirigeants» de France Télévisions

POLEMIQUE L'eurodéputé socialiste réclame également une réforme du CSA...

N. B. avec agence

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Vincent Peillon, député européen PS, affirme dans une interview au Journal du Dimanche que les socialistes doivent "construire une large majorité pour préparer la victoire de 2012" et qu'il faut le faire "autour de Ségolène Royal",.
Vincent Peillon, député européen PS, affirme dans une interview au Journal du Dimanche que les socialistes doivent "construire une large majorité pour préparer la victoire de 2012" et qu'il faut le faire "autour de Ségolène Royal",. — Stéphane de Sakutin AFP/Archives
Au lendemain du coup de gueule d’Arlette Chabot, directrice de l’info de France Télévisions, qui digère mal que son intégrité soit remise en question, Vincent Peillon, en remet une couche.
 
L'eurodéputé socialiste, qui a récemment boycotté un débat sur l'identité nationale sur France 2 (dans l’émission À vous de juger, présentée par Arlette Chabot, ndlr), évoque, dans un entretien au Monde daté de dimanche-lundi, «la servilité» de «certains dirigeants» de France Télévisions et prône une réforme du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).
 
«Les rédactions» de France 2 et France 3 «font ce qu'elles peuvent, mais la perspective de la nomination du président du service public par le président de la République exerce une pression sur leur travail et favorise la servilité de certains dirigeants», déclare-t-il en estimant qu'il faut «revenir» sur ce mode de nomination.
 
La liberté de la presse mise à mal?
 
«Mais il faudra aussi réformer le CSA pour le rendre indépendant et pluraliste, assurer, comme dans d'autres pays européens, des ressources stables au service public et à la presse qui ne passent pas par les cabinets des ministres», ajoute Vincent Peillon. «Une vraie loi anti-concentration est aussi indispensable», selon lui.
 
Dénonçant à nouveau le débat sur l'identité nationale qui «fait honte à la France et stigmatise plusieurs millions de nos compatriotes», il souligne que «sept émissions sur neuf organisées aux heures de grande écoute ont été consacrées essentiellement à cette question». «Il fallait arrêter cela».
 
Vincent Peillon souligne que «dans le classement de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse, la France est aujourd'hui 43e». «Elle était 11e en 2002».