Scientologie: Retour sur le couac de la dissolution avortée

JUSTICE Une curieuse modification du Code pénal est notamment en cause...

V. V.

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Georges Fenech, le président de la Miviludes, trouve ça étrange. «A chaque procès de la scientologie, il se passe un événement hors norme... L'an dernier, c'est carrément la dissolution qui a disparu du Code pénal!» Lors du procès du Celebrity Center, le ministère public avait en effet requis la dissolution de l'association spirituelle de l'Eglise de scientologie avant de s'apercevoir quelques mois plus tard que la possibilité de dissoudre une association avait été... retirée du Code pénal. Une enquête interne à l'Assemblée nationale a conclu à une simple erreur de copier-coller lors du vote d'une proposition de simplification du droit. «Il y a une espèce de malédiction», souffle Georges Fenech.

«On n'est pas devins!»
 

Soupçonnée d'avoir infiltré les hauts lieux de pouvoir, l'Eglise de scientologie se défend. «Nous avons été renvoyés devant le tribunal en octobre 2008. Or la loi a été modifiée cinq mois plus tôt, explique Eric Roux, directeur des affaires publiques de l'Eglise de scientologie de la rue Legendre. Cela veut dire qu'on aurait deviné que nous allions être jugés et donc que nous avions modifié la loi en prévision. On n'est pas devins!» Georges Fenech reste méfiant. «J'aimerais qu'on m'explique comment l'avocat américain de l'Eglise de scientologie était au courant, alors que personne en France ne l'était...»

En attendant, la Chancellerie a promis de corriger le Code pénal et de rétablir la dissolution. Une commission de sénateurs et de députés a d'ailleurs commencé à se pencher sur cette question.