Les associations sceptiques sur les méthodes d'Eric Besson

IMMIGRATION Elles dénoncent une accélération des procédures, et des reconduites «qui ne servent à rien»...

Charlotte Mannevy

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Pour lutter contre le "désoeuvrement" des retenus, la commission recommande l'intervention d'associations sportives et culturelles, voire "la mise en place de visiteurs de rétention" sur le modèle des visiteurs de prison.
Pour lutter contre le "désoeuvrement" des retenus, la commission recommande l'intervention d'associations sportives et culturelles, voire "la mise en place de visiteurs de rétention" sur le modèle des visiteurs de prison. — Jean-Philippe Ksiazek AFP/Archives

On expulse trop et mal, estiment plusieurs organisations d'aide aux étrangers en situation irrégulière.

Si le nombre de reconduites à la frontière est stable, «on observe une accélération des procédures à l'encontre des clandestins», affirme Caroline Larpin, juriste à la Cimade, association qui intervient dans les centres de rétention.
 
«Avant, étaient placées en rétention les personnes dont l'expulsion était inéluctable. Aujourd'hui les préfectures placent les étrangers en situation irrégulière et analysent la situation ensuite.»

Signe de ce durcissement de la situation, selon l'association: le besoin croissant de places de rétention. Un nouveau centre de 140 places - le nombre maximum autorisé par la loi - est d'ailleurs en projet au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne).
 
Pour Réseau éducation sans frontières, les reconduites ne servent de toute façon à rien : «A ce rythme [29.288 en 2009, ndr], il faudra treize ans à Eric Besson pour expulser tous les clandestins de France. Et encore, si on ne compte pas les futurs arrivants et les naissances!»