Pécresse met la pression aux directeurs des grandes écoles

EDUCATION Les grandes écoles devront accueillir 30% de boursiers d'ici 3 ans...

Delphine Bancaud

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Après une journée de mobilisation réussie des enseignants-chercheurs, la médiatrice désignée par Valérie Pécresse, Claire Bazy-Malaurie, a annoncé mercredi sa volonté "de construire un texte nouveau", à la faveur d'une large concertation devant s'étaler sur deux mois.
Après une journée de mobilisation réussie des enseignants-chercheurs, la médiatrice désignée par Valérie Pécresse, Claire Bazy-Malaurie, a annoncé mercredi sa volonté "de construire un texte nouveau", à la faveur d'une large concertation devant s'étaler sur deux mois. — Lionel Bonaventure AFP
Après le débat, le consensus. La ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a conclu ce lundi un pacte avec les directeurs des grandes écoles pour atteindre 30% de boursiers dans leurs établissements d’ici 3 ans.

«Ce plan donnera lieu à une charte sur l’égalité des chances qui sera signée dans les prochaines semaines avec les grandes écoles et qui aura une valeur contraignante pour elles » a annoncé la ministre, qui prévoit d’évaluer les progrès de l’ouverture sociale des grandes écoles chaque année. Un plan volontariste qui se déclinera en dix objectifs.

La promotion de la culture scientifique et technique dès le secondaire pour lutter contre la désaffection de ces filières

La participation de 100% des grandes écoles d’ici 2011 aux Cordées de la réussite (dispositif d’accompagnement culturel et de tutorat de jeunes de banlieue).

La participation des grandes écoles aux processus d’orientation sur le site admission-postbac.fr

La création d’ici à fin 2011 de 100 nouvelles classes préparatoires aux grandes écoles de trois types (des classes de pré-prépa pour remettre à niveau certains bacheliers, des prépas + permettant à des élèves boursiers de bénéficier d’un accompagnement personnalisé par des étudiants de grandes écoles et enfin de nouvelles classes prépas technologiques).

La création de vingt nouveaux internats d’excellence d’ici à 2012, qui feront une large place aux filles.

La généralisation de la gratuité des concours pour les boursiers.

Le développement des voies d’admissions parallèles.

La révision du contenu des concours afin de limiter le nombre d’épreuves discriminantes (telles que les épreuves de langue par exemple).

Le développement de l’apprentissage dans les grandes écoles.

Un travail collaboratif avec les représentants de la filière technologique pour en améliorer le contenu.
 
Reste à savoir si l’objectif des 30% de boursiers concernera chaque grande école ou leur totalité. Sur ce point, la ministre a tenu des propos contradictoires, déclarant à la fois qu’elle souhaitait un pourcentage de boursiers dans chaque école, mais qu’elle s’opposait «aux quotas de boursiers», ce qui plaiderait en faveur d’un objectif plutôt commun aux établissements, qu’individuel.

Le risque serait alors est que cet effort de démocratisation soit davantage porté par les écoles d’ingénieurs (qui comptent déjà 26 % de boursiers), que par les écoles de commerce.