Les cafés ont un gros coup de barre

COMMERCE Le Sénat s'est penché sur l'avenir des bars, qui ferment les uns après les autres...

Vincent Vantighem

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La profession a perdu 15 000établissements durant la dernière décennie.
La profession a perdu 15 000établissements durant la dernière décennie. — EVRARD / 20 MINUTES

Du petit zinc aux ors de la République. Les patrons de café avaient rendez-vous, vendredi, au Sénat pour un colloque dont le titre peut faire sourire: «Quel avenir pour le café du village et le bistrot du coin?» Sauf que le problème est sérieux. De 55.000 établissements en 1999, la profession est passée à 40 000 aujourd'hui. «La majorité des défaillances d'entreprises proviennent du milieu rural et périurbain», précise comme une évidence Franck Camus, vice-président de l'Union des métiers de l'industrie et de l'hôtellerie (Umih).


La PlayStation détrône le baby-foot

On n'y fume plus. On y boit moins. «Les bistrots qu'on voyait chez Bourvil n'existent plus!», confesse Michel Mercier, le ministre de l'Espace rural. Mais, plus que les lois, ce sont les comportements des habitués qui ont changé. La PlayStation a détrôné le baby-foot ou le flipper. «Et il est désormais facile de se faire un très bon expresso ou de se tirer une bière chez soi, analyse Franck Camus. Les professionnels commencent seulement à en prendre conscience.»
 

Dépôt de pain, livraison de journaux ou bureau de poste: le gouvernement pousse aujourd'hui les cafetiers à la diversification pour survivre. «Nous avons signé un contrat d'avenir avec la profession en 2008, explique Michel Mercier. Elle bénéficie désormais de mesures fiscales et d'avantages en cas de diversification.» Malgré tout, la profession a perdu 1 milliard de chiffres d'affaires en cinq ans et réclame de nouvelles mesures. «Pour l'instant, rien n'est prévu», lâche le ministre. «Si ça continue, on va se diversifier en proposant les services de l'ANPE...», conclut, amer, Franck Camus.