« le demi attend parfois avec un recommandé »

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Au comptoir du bar-tabac de Marsac-sur-Don (Loire-Atlantique), bourg de 1300 âmes entre Nantes et Rennes, Gilles est comme chez lui. Son demi l'attend. Puis le second. 10 euros avec le paquet de Gitanes, déposés sur le zinc tenu par Marie-Annick depuis trente ans. Au fil des ans, elle a vu les sorties de messe s'étioler, la loi contre le tabac vexer ses clients. Quant aux apéros, elle n'en sert « presque plus ». Alors elle s'est adaptée. Les linéaires de presse sont arrivés, le café est aussi devenu point-relais pour le Crédit mutuel. Pour 250 euros par mois, il fait aussi office de bureau de poste, ouvert de 6 h 30 à 20 h. « Les bars purs, c'est bientôt fini. Ici, le demi vous attend parfois avec un recommandé... » Claude, retraité, tient à cet endroit : « S'il disparaissait, le village y perdrait en lien social. » W

Antoine Gazeau