Les députés demandent des éclaircissements à Roselyne Bachelot

GRIPPE Une commission d'enquête se profile...

M.N. avec agence

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Roselyne Bachelot s'est défendue de vouloir instaurer une "société de prohibition et d'abstinence" face aux députés des régions viticoles qui ont tiré à boulets rouges contre le volet prévention de l'alcoolisme des jeunes de son texte santé, dans la nuit de jeudi à vendredi à l'Assemblée.
Roselyne Bachelot s'est défendue de vouloir instaurer une "société de prohibition et d'abstinence" face aux députés des régions viticoles qui ont tiré à boulets rouges contre le volet prévention de l'alcoolisme des jeunes de son texte santé, dans la nuit de jeudi à vendredi à l'Assemblée. — Joel Saget AFP/Archives
Une audition sous haute tension. Résiliation de commandes de vaccins, revente des doses, accords avec les laboratoires pharmaceutiques, vaccinations permises aux médecins libéraux: Roselyne Bachelot doit répondre mardi soir aux critiques des députés sur ses choix face à la pandémie de grippe A/H1N1.

Ce n’est pas une première pour Roselyne Bachelot. Elle a déjà été auditionnée à trois reprises sur le sujet par la Commission des affaires sociales de l'Assemblée depuis le mois de septembre. Mais c'est la première fois qu'une audition est ouverte à l'ensemble des députés. Et que des sujets chauds seront évoqués.

En effet, le 5 janvier dernier, la ministre a annoncé que le gouvernement résiliait les commandes de 50 millions de doses, selon des modalités plus ou moins floues et potentiellement coûteuses.

«Un acte de défiance vis-à-vis du gouvernement»

Mardi, la décision d'ouvrir l'audition à l'ensemble des députés a été prise après des demandes pressantes des socialistes. Peu satisfaits par les précédentes auditions, où beaucoup de questions étaient déjà restées sans «réponse», ils réclament depuis la mi-septembre une mission d'information parlementaire.

«On nous a répondu qu’une commission d’information serait un acte de défiance vis-à-vis du gouvernement», a expliqué à 20minutes.fr la députée PS Marisol Touraine. «On voudrait pourtant savoir sur quelles bases le gouvernement a agi, notamment vis-à-vis de ses relations avec les entreprises pharmaceutiques», précise-t-elle, sans grand espoir par rapport à l’audition de mardi soir.

Plus offensif, les députés du Nouveau centre réclament et ont des chances d’obtenir une commission d'enquête parlementaire, plus contraignante qu'une mission.

>> Pour savoir en quoi consiste une commission d’enquête parlementaire, cliquez ici

«Il ne s'agit pas de remettre en cause l'action du gouvernement mais de faire le point sur comment la campagne de vaccination s'est déroulée», a déclaré son président, François Sauvadet, qui compte faire valoir son «droit de tirage» pour obtenir la mise en place de cette commission. Une fois inscrite à l'ordre du jour, la demande de commission d'enquête ne peut être refusée que si les 3/5e des députés s'y opposent.

Mais rien de concret pour l’instant. D’autant que, mardi, le président a déjà volé au secours de sa ministre. Aux reproches sur l'excès de précaution, avec une commande de 94 millions de vaccins, Nicolas Sarkozy a rétorqué: «Que m'auriez-vous dit si nous avions manqué de vaccins?».