PLus d'autonomie a fait peur

Laure de Charette

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Le résultat du référendum est sans appel. Guyanais et Martiniquais se sont prononcés dimanche très nettement (respectivement à 70 % et 80 %) contre la transformation de leur statut - leur département aurait pu devenir une collectivité, à l'image de la Polynésie. Les populations ont donc refusé l'autonomie accrue proposée, alors que leurs élus avaient fait campagne pour le « oui ».

Si selon le Guyanais Jean-Etienne Antoinette, sénateur-maire de Kourou, il est normal qu'il y ait « un écart important entre les élus, qui voient un peu plus loin que la réalité, et le quotidien des personnes », les édiles locaux ont tout de même pris une gifle. Et ces résultats risquent d'avoir des conséquences importantes sur les élections régionales de mars.

Hier, les commentaires allaient bon train en ville ou sur les forums Internet : pour « Mémé », ils n'ont « pas pris le pouls de la population malade, malgré la tension paroxystique de février ». Selon « Iguane », le statut quo a été privilégié faute d'alternative intéressante : « Nous aimons bien cracher dans la soupe. Mais nous préférons manger du gâteau avec certitude que du pain sec. »

Un deuxième référendum doit être organisé le 24 janvier. Cette fois, les électeurs devront voter pour ou contre la fusion de la région et du département en une collectivité unique. En 2003, les Martiniquais avaient répondu non, mais de peu (50,48 %).

Parallèlement à ces scrutins, l'île voisine de Guadeloupe s'agite à nouveau. Entre 7 500 personnes, selon la préfecture, et 25 000, selon les organisateurs, ont défilé dimanche à Pointe-à-Pitre contre la hausse du prix du carburant. Et le LKP compte bien fêter à partir du 20 janvier l'anniversaire du début de la grève générale de l'hiver dernier. « Nous serons sur tous les terrains de lutte pour faire aboutir nos revendications », a promis Elie Domota, le leader du collectif. W