Séguin célébré aux Invalides

Charlotte Mannevy

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Un dernier adieu solennel, sous un ciel bas et dans un froid glacial. Toute la classe politique française s'était donné rendez-vous hier aux Invalides, à Paris, pour célébrer la mémoire de Philippe Séguin, décédé brutalement jeudi d'une crise cardiaque, à l'âge de 66 ans.

A droite comme à gauche, personne ou presque ne manquait à l'appel : dans les travées de la cathédrale Saint-Louis des Invalides, la quasi-totalité du gouvernement était rassemblée derrière un François Fillon visiblement ému par la disparition de son mentor. Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing étaient également présents, tout comme François Bayrou (MoDem) et Martine Aubry (PS).

Après la messe présidée par l'archevêque de Paris, André Vingt-Trois, Nicolas Sarkozy a prononcé l'éloge funèbre de l'ancien président de la Cour des comptes, retraçant le destin de cet homme « aux multiples qualités », sa naissance à Tunis et la perte de son père alors qu'il était âgé d'à peine un an, sa carrière « au service de l'Etat », de la mairie d'Epinal au « perchoir » de l'Assemblée nationale.

Des obsèques en grande pompe, mais qui n'ont pas déplacé les foules. Seuls quelque 500 anonymes avaient bravé le froid. « Je suis venue pour l'homme. C'est quelqu'un que j'admirais, dont je retiendrais la droiture et la jovialité », souligne Anne, 60 ans. « On ne serait pas venus pour quelqu'un d'autre », racontent Charly et Marc-Olivier, tout juste 22 ans. « Philippe Séguin savait dire "merde" explique Charly. Il a payé sa droiture et sa fidélité à ses convictions. » « Il n'a pas eu la place qu'il méritait », renchérit Marc-Olivier. W