Tentons vainement de nous réjouir du froid

HIVER 20minutes.fr a essayé de trouver des bénéfices à tirer d'un climat rigoureux...

Julien Ménielle

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Jeux de neige près de Bobrovka, Russie, le 27 décembre 2009.
Jeux de neige près de Bobrovka, Russie, le 27 décembre 2009. — A. MALGAVKO / REUTERS

Face à la vague de froid actuelle, la tentation est forte de trouver des raisons de se réjouir. Un petit tour sur le Web et l'affaire est pliée: le froid c'est sympa, et en plus c'est bon pour la santé. Pour partager la bonne nouvelle avec vous, 20minutes.fr a cherché à en savoir plus auprès d'un médecin. Et là, quelle déception.
 
Ainsi donc, le froid stimulerait la circulation sanguine. Tout bénéfice pour vos organes, qui trouvent une nouvelle jeunesse dans ce regain d'irrigation. Sauf que ce n'est pas si simple. «Vous avez déjà entendu parler du syndrome de Raynaud?», assène le Dr Jeambrun. Un trouble dans lequel les vaisseaux des extrémités se resserrent, et auquel le froid n'est pas étranger. «Quand il fait froid, le corps contracte les vaisseaux sanguins, pour préserver les organes "nobles" au détriment des extrémités», explique le médecin. Donc, pour le coup de jeune, on repassera.

Bon pour le moral?
 
Heureusement, le froid, c'est bon pour le moral. Une étude scientifique l'a même prouvé. Sauf que là encore, ce n'est pas tout à fait exact. «La période hivernale est plutôt connue pour causer des dépressions», dément le Dr Jeambrun.
 
A y regarder de plus près, en effet, le froid remonte le moral surtout quand y repense au coin du feu. Encore raté, donc. Mais le froid raffermit les chairs, c'est bien connu. «Si c'était vraiment le cas, j'en connaît beaucoup qui s'y tremperaient en permanence», tranche le médecin. Et l'effet bénéfique sur les douleurs? «Le froid limite les hématomes et a un effet anesthésiant, concède le Dr Jeambrun, mais appliqué localement», et baigner dans une atmosphère froide ne suffit donc pas.
 
Le froid «tue bien plus que la chaleur»
 
A désespérer. «Le froid a la vertu de tuer les parasites», note toutefois le Dr Jeambrun. Avant de préciser cependant que les maladies liés aux vers sont bien inoffensives au regard du froid lui-même «qui tue bien plus que la chaleur». Et que les épidémies de type grippal ont toujours lieu dans des périodes de grand froid.
 
Pas l'ombre d'une satisfaction à se mettre sous la moufle. «L'organisme est mis à rude épreuve et doit augmenter son catabolisme pour lutter contre le froid», assure le médecin. «Une sacrée débauche d'énergie... On en grille des calories». Ah! La voilà la bonne nouvelle.
 
>> Par grand froid, «les cellules gèlent, exactement comme de la viande au congélateur». Pour lire l'interview d'un spécialiste, cliquez ici