Le gouvernement résilie les commandes de 50 millions de doses de vaccin

GRIPPE Les labos priés de garder leur marchandise...

Charlotte Mannevy

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La ministre de la Santé et des Sports Roselyne Bachelot se fait vacciner contre la grippe A lors de sa visite d'un centre de vaccination dans le 14e arrondissement à Paris, le 12 novembre 2009.
La ministre de la Santé et des Sports Roselyne Bachelot se fait vacciner contre la grippe A lors de sa visite d'un centre de vaccination dans le 14e arrondissement à Paris, le 12 novembre 2009. — SIPA

Elle annule, purement et simplement. La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a annoncé lundi soir avoir résilié une partie des contrats signés avec les laboratoires pharmaceutiques portant sur 50 millions de doses de vaccins contre la grippe A(H1N1).

Vaccins «ni livrés ni payés»

Des doses «qui n'ont ni été livrées, ni payées», assure la ministre qui parle d'une économie de moitié sur une commande globale de 712 millions d'euros.

En juillet dernier, la France avait en effet commandé 94 millions de doses à différents laboratoires pour faire face à une épidémie d'ampleur. Entre-temps la donne a changé : non seulement l'Agence européenne du médicament a recommandé une vaccination à une seule injection - réduisant de 50% le nombre de doses nécessaires- mais le virus s'est avéré moins contagieux et virulent que prévu. Du coup, alors que l'ensemble de la population a été invitée à se faire vacciner gratuitement, seules 5 millions de personnes ont franchi le pas. Et même si près de 10 millions de doses ont été données fin septembre à un fonds d'aide aux pays les plus pauvres, le stock français restait considérable.

«Forcément une compensation financière»


L'annonce, ce week-end, de la revente d'une partie des stocks à des pays étrangers a provoqué une véritable bronca, le gouvernement étant accusé de vouloir «brader» des molécules acquises à prix d'or (de 7 à 10 euros par dose). Mais annuler la commande n'est pas forcément une
solution plus économique.

Pour un ancien responsable d'un grand groupe pharmaceutique,«il est inimaginable que les laboratoires aient signé une clause d'annulation. Si les commandes sont annulées, il y aura forcément une compensation financière».