Grippe A: Une bonne dose de polémique en stock

REACTIONS Les critiques fusent après l'annonce de la revente des surplus de vaccins français...

Charlotte Mannevy

— 

L'opposition siffle la fin de la récré. Alors que jusqu'ici les critiques restaient mesurées sur la campagne de vaccination, l'annonce de la revente d'une partie des stocks de vaccin a délié les langues. «Fiasco», «scandaleux échec», «faute stratégique lourde»: du Parti socialiste au MoDem en passant par le Nouveau Parti anticapitaliste, les critiques fusent de toute part. PS et Nouveau Centre ont même joint leurs voix hier pour réclamer la création d'une commission d'enquête parlementaire.

«C'est un échec total, assène Jean Marie Le Guen, député de Paris et spécialiste des questions de santé publique. On est le pays qui a dépensé le plus pour vacciner le moins.» Selon lui, l'objectif d'immuniser 100% de la population - justifiant l'achat massif de vaccins dès le mois de juillet - était «innateignable et inutile.»

Trop plutôt que pas assez

«Tous les autres pays développés, Etats-Unis et Allemagne en tête, ont visé un taux de vaccination de 30%. Et avec beaucoup plus de succès.» Le député UMP Bernard Debré n'est guère plus tendre avec la stratégie adoptée par Roselyne Bachelot, vilipendant «le principe absurde, poussé à l'extrême, de précaution.» Face à ces attaques en règle, c'est le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefevbre, qui est monté au créneau pour défendre le gouvernement.

«Je préfère affronter une polémique parce qu'on en fait trop que parce qu'on en fait pas assez» rappelant le scandale du sang contaminé dans lequel un ministre, Edmond Hervé, avait été condamné.

Qu'en pense de son côté la communauté scientifique? «On a fait plus que ce qui n'était nécessaire» a reconnu le virologue Bruno Lina, directeur du Centre national de référence des virus de la grippe pour le sud de la France tout en soulignant qu«'on ne le sait que maintenant». Un avis partagé par l'ancien directeur général de la santé William Dab: «La seule chose constante avec le virus de la grippe c'est son imprévisibilité.»