Grippe A (H1N1): Déstockage massif des vaccins français

SANTE Pourquoi et comment le gouvernement cherche à se débarrasser de son surplus...

Julien Ménielle

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La France revend ses vaccins contre la grippe A (H1N1).
La France revend ses vaccins contre la grippe A (H1N1). — Idé
Pourquoi la France a-t-elle commandé autant de vaccins?
Pour que tous les volontaires puissent être vaccinés. Dans un premier temps, une majorité des 63 millions de Français envisageaient d'avoir recours à la vaccination. De son côté, l'OMS s'inquiétait même d'une trop faible capacité de production du vaccin au niveau mondial. Mais la méfiance a gagné la population Dès le début de la campagne de vaccination. Et pour finir, le schéma initialement retenu prévoyait deux injections, avant d'être ramené à une seule.

La commande était-elle disproportionnée?
Avec le recul, oui. Le professeur Bruno Lina, directeur du Centre national de référence des virus de la grippe pour le sud de la France, l'a reconnu lui-même. «Il y a trop de vaccins en France, mais ceci, il faut le revoir au fil des événements qui se sont passés au cours de cette pandémie (...). On ne peut pas faire un état des lieux maintenant», a-t-il souligné. «L'épidémie n'est pas terminée», a prévenu le virologue, assurant qu’«il y aura une deuxième vague».

Comment le pays va-t-il pouvoir se débarrasser de son surplus?
En négociant avec les pays demandeurs et les labos. Sur les 94 millions de doses commandées, 5 millions ont été utilisées à ce jour, et une petite dizaine a été offerte à l'OMS pour les pays sous-dotés. Il reste donc 80 millions de doses à utiliser ou à revendre. L'Iran a déjà annoncé que sa campagne de vaccination allait débuter avec des vaccins achetés à la France. Le Qatar aurait déjà acquis 300.000 doses, et l'Egypte 2 millions. Mais la France doit faire face à la concurrence de l'Allemagne, des Pays-Bas, de la Grande-Bretagne ou encore de la Belgique, qui cherchent aussi à déstocker.

Les laboratoires vont-ils accepter de revoir les contrats?
Ils promettent qu'ils sont ouverts à la discussion. Ils ont été pointés du doigt, notamment par Benoît Hamon, le porte-parole socialiste, qui dénonce «une forme de pression» des labos sur le gouvernement, «victime consentante» de ces groupes, «grands vainqueurs de cette affaire». Le laboratoire britannique GlaxoSmithKline, qui a déjà livré 13 des 50 millions de vaccins commandés, s'est dit prêt «à rediscuter du contrat». Une bonne volonté également affichée par Sanofi Pasteur, mais pour l'heure non chiffrée. Pour le gouvernement, au total, la facture s'élève à 869 millions d'euros.

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