Mort à Carrefour: les vidéos de surveillance accablent aussi les vigiles

FAITS-DIVERS Le jeune homme est mort d'une «asphyxie mécanique par compression de la cage thoracique»...

Avec agence

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D'abord le rapport d'autopsie, et maintenant les vidéos de surveillance. Les quatre vigiles de Carrefour devaient être mis en examen jeudi après le décès par asphyxie d'un jeune homme qu'ils avaient interpellé, lundi à Lyon, l'enregistrement vidéo de la scène révélant des violences «disproportionnées».

«Les quatre agents de sécurité vont être mis en examen pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner" et commises en réunion», un crime passible de vingt ans de prison, a indiqué le procureur adjoint de Lyon, Jean-Pierre Dages-Degranges.

 
L’homme de 25 ans est mort mardi à Lyon après avoir été retenu pendant près d'une heure par les quatre vigiles d'un supermarché Carrefour à la suite d’une «asphyxie mécanique par compression de la cage thoracique» avait déjà révélé mercredi le rapport d’autopsie.

Autre résultat de l'expertise, le jeune homme portait des hématomes «au bras et au front».
 
Vol de bouteilles de bières


Les faits se sont déroulés lundi vers 18h15 quand un jeune marginal, «logé dans un foyer à Lyon», a été arrêté alors qu'il était en train de voler des bouteilles de bière au supermarché Carrefour du quartier de la Part-Dieu.
 
Trois agents de sécurité l'ont emmené dans une salle de contrôle où il a été immobilisé, a relaté Me David Metaxas, l'avocat de deux des vigiles mis en cause.
 
Selon le parquet, le jeune homme, «connu des services de police pour vol mais jamais condamné», était dans un état «agité» et son éventuelle alcoolisation reste «soumise à vérification». Une plainte avait déjà été déposée contre lui pour une tentative de vol commise quelques jours plus tôt, a ajouté l'avocat.
 
Perte de connaissance

«Les policiers, appelés aussitôt, ont mis 50 minutes à arriver. Le jeune homme a été plaqué contre un mur, puis contre une table haute», a poursuivi David Metaxas, précisant que les efforts pour le maîtriser avaient duré «une demi-heure environ».
 
Le jeune homme a ensuite perdu connaissance en tentant de se dégager. Il a reçu les premiers soins par un manager des vigiles, avant l'arrivée des pompiers. Mais selon le procureur, le délai d'intervention a été trop long. Selon lui, «six minutes» se sont écoulées entre le moment où le jeune homme «ne râle plus» et celui où les vigiles se préoccupent de son sort, un délai qui «rendr(a) irréversible toute tentative de réanimation» malgré l'arrivée du SAMU et des pompiers.

Le jeune homme est finalement mort à l'hôpital mardi après-midi.

Intervenus «de façon professionnelle»


Selon David Metaxas, les trois vigiles et leur manager, tous placés en garde à vue mardi midi, estiment être intervenus «de façon professionnelle, ce qui est confirmé par les enregistrements sonores du local de rétention».
 
Parmi ses deux clients, tous deux salariés de Carrefour, l'un est âgé d'une cinquantaine d'années et travaille depuis 20 ans dans le groupe de distribution, tandis que l'autre, la quarantaine, a intégré le groupe il y a une dizaine d'années. Ils sont entendus ce jeudi par le juge d'instruction.

Les deux autres vigiles, employés par la société sous-traitante «Biblos», ont été mis en examen jeudi.