Pourquoi la grève des dabistes a fait un bide (ou presque)?

SOCIAL Ils ont obtenu gain de cause, mais n'en sont pas tous satisfaits pour autant...

Corentin Chauvel

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Un distributeur de billets.
Un distributeur de billets. — PERRIERE/SIPA

Un coup d'épée dans l'eau? La grève des dabistes, les agents chargés de l'approvisionnement des distributeurs de billets, s'est interrompue ce mercredi avec l'accord paritaire signé par cinq syndicats (CFDT-CFTC-CFE/CGC-FNCR-FO) et le patronat du transport de fonds.

En grève depuis vendredi, en pleine période de courses de Noël mais sans véritable conséquence pour les usagers, les dabistes ont obtenu une revalorisation de leur prime de risque qui passera de 70 ou 110 euros selon les sociétés à 140 euros dès janvier puis 150 euros à partir du mois de juillet. La grille des salaires a également été revue à la hausse de 8,6% dès janvier puis 10,6% à partir de juillet.

Un accord «mi-figue, mi-raisin»

Il s'agit d'une «petite avancée» selon les syndicats contactés par 20minutes.fr, mais John Monfray, délégué syndical FO au sein de la société Loomis, ne s'estime pas «pleinement satisfait». Même son de cloche du côté de son homologue de la CFE-CGC, Luc Van Den Driessche, également chez Loomis, qui voit là une «fin de conflit honorable», mais qui trouve l'accord «mi-figue, mi-raisin».

Que s'est-il passé alors pour que les syndicats signent aussi vite un accord? «Le problème, c'est qu'il y a eu une grosse mobilisation chez Loomis mais elle a été très faible à la Brink's», indique John Monfray. Résultat, les deux sociétés les plus importantes du secteur n'étaient pas sur la même longueur d'onde et le mouvement n'a fini par ne plus concerner que la Loomis.

Brink's-Loomis, pas le même combat


«Ce qu'il s'est passé, c'est que la Loomis a laissé ses salariés faire grève tandis que la direction de la Brink's a réussi à mettre les siens sous pression», avance Pascal Quiroga, délégué syndical CFDT de la Brink's, qui déplore cette «nouvelle manière de procéder». Si la grève a été suivie dans les agences de province de la société américaine, «ils tournaient à plein régime à Paris» selon John Monfray. «Et si Paris ne suit pas, le mouvement ne peut pas fonctionner», ajoute Pascal Quiroga.

Selon ce dernier, la direction de la Brink's aurait notamment menacé ses salariés parisiens de leur supprimer leur prime de défraiement de transports, allant de 450 à 680 euros. «Toutes les sociétés ne savaient pas ce que les autres possédaient déjà», se désole Luc Van Den Driessche. qui regrette que tous ses collègues n'aient pas été solidaires. Pourtant, cela reste «un deal honorable pour tous» pour Pascal Quiroga. Les courses de Noël en cash vont pouvoir reprendre.