François Fillon réchauffe les relations franco-chinoises

DIPLOMATIE Pour le Premier ministre, «c'est folie que de penser que c'est de l'extérieur que l'on fera changer tel ou tel aspect de la vie en Chine»...

J. M. avec agence

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  — M. FEDOUACH / AFP
Les «malentendus» entre la France et la Chine avaient été «dissipés» après la brouille de l'an dernier. En déplacement en Chine, visant à conclure plusieurs contrats, François Fillon a tenu à apaiser une nouvelle fois le climat avec le pays. Durant le week-end, il avait déjà dû tempérer les propos de sa secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno, qui avait déclaré que le relatif échec du sommet de Copenhague était en partie imputable à «l'attitude totalement fermée de la Chine» dans les négociations.

«La Chine est un immense pays qui doit régler ses problèmes par lui-même»
«C'est vrai qu'il y a eu des malentendus dans la relation franco-chinoise», a déclaré le Premier ministre, s'exprimant devant des étudiants de l'université Beihang et de l'Ecole centrale de Pékin. «Je pense que ce n'était que des malentendus. Nous les avons dissipés et nous voulons construire notre relation sur le respect mutuel», a-t-il poursuivi, sans s'étendre sur les raisons de la brouille.
 
Ces malentendus sont «parfois très exagérés mais c'est notre vie de responsable politique (...) que de devoir affronter ces exagérations». Pour François Fillon, «la Chine est un immense pays qui doit régler ses problèmes par lui-même et c'est folie que de penser que c'est de l'extérieur que l'on fera changer tel ou tel aspect de la vie en Chine. Et de la même façon, la France est une très vieille démocratie où la parole est libre, où chacun s'exprime comme il l'entend. C'est notre tradition. Le gouvernement chinois doit l'accepter».

Joli lapsus
«C'est sur ce respect mutuel que nous allons construire notre relation», a affirmé François Fillon. «Le renforcement des relations franco-chinoises va être symbolisé par deux événements très importants: la venue pour l'inauguration de l'Exposition universelle de Shanghai du Premier mi..., du président Nicolas Sarkozy et la venue en France de Hu Jintao», a-t-il expliqué, dans un lapsus inachevé.
 
Une rencontre en décembre 2008 entre le chef de l'Etat et le dalaï lama, chef spirituel des bouddhistes tibétains et bête noire de Pékin, avait ulcéré la Chine et entraîné une brouille de quatre mois entre les deux pays.
Trois semaines après la réconciliation officielle, scellée début avril par les chefs d'Etat des deux pays en marge d'une réunion du G20 à Londres, le président Sarkozy avait invité son homologue chinois Hu Jintao à se rendre en France.