Quand le 16e réfléchit à l’identité nationale

SOCIETE La mairie organisait un débat mercredi soir...

Alexandre Sulzer

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Il a prévenu : « je n’ai pas l’intention de faire des forums où les gens peuvent se libérer». C’est pourtant ce qui s’est produit mercredi soir à la mairie du 16e arrondissement où le maire (UMP), Claude Goasguen, organisait un débat public sur l’identité nationale. Immigration, pratique religieuse et délinquance y ont été constamment évoquées et amalgamées.
 
Dans son introduction et devant un public aux tempes grisonnantes, l’édile centre immédiatement le débat: «le sujet essentiel, c’est le problème de la diversité». Et surtout de la place de l’islam en France. «Il n’y a pas que ça comme problème mais pas de langue de bois…» «La diversité ne peut être un aménagement des lois de la République. On ne lésine pas avec l’ordre public», poursuit l’élu qui prend soin de préciser que «ce n’est pas parce que les gens sont musulmans qu’ils sont plus ou moins voyous».
 
Le contrat de confiance
 
Un vieil homme, ancien de la guerre d’Algérie, prend la parole en premier: «il faudrait qu’un casier judiciaire vierge soit une condition pour la légalisation des sans-papiers». Claude Goasguen reprend le micro: «les premières générations d’immigrés respectaient absolument les règles républicaines. Progressivement, les deuxième et troisième générations ne se sont pas intégrées». Il faudrait donc, selon lui, des «contrats d’autorité publique» entre Etat et communauté musulmane pour régler «les questions de burqa, de minaret», notamment dans les villes «bientôt majoritairement musulmanes» comme Marseille ou Roubaix.
 
Un autre homme intervient: «ces gens-là sont autant attachés à l’islam que nous à la République. Leurs règles violent les nôtres !» Applaudissements. Claude Goasguen tempère les propos mais reconnaît que «dans les banlieues, ils ne connaissent pas la loi républicaine». Un Français d’origine ivoirienne regrette alors ne pas se reconnaître dans les manuels scolaires d’histoire de son fils.
 
«Je ne suis pas raciste»
 
Un homme s’enflamme: «je suis Français de souche et je ne comprends pas qu’un homme naturalisé vienne m’expliquer ce qu’est mon identité!» Une femme intervient à son tour: «le 16e sud se dégrade, j’ai été victime d’une agression sexuelle par un Portugais et je ne suis pas raciste.» Le débat devient vif, les voix s’élèvent. Un homme conclut: « j’étais pour ce questionnement sur l’identité nationale. Mais il est impossible de poser ce débat de manière sereine. Tout se réduit à la présence des musulmans…»
 
La mairie du 16e arrondissement est la seule à Paris à organiser le débat sur l’identité nationale. «Ce n’est pas au préfet de faire des débats politiques», insiste-t-il. D’ailleurs, «comme cela s’est bien passé», le maire veut en organiser d’autres dès janvier à la mairie ou dans certains quartiers de l’arrondissement.

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